Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848
Madame Récamier [Mme Récamier] → [Mme Lenormant], 23 septembre

Lettres de Madame Récamier à sa nièce (suite)

[Mme Récamier] → [Mme Lenormant], 23 septembre

Madame Récamier · 1 min de lecture · p. 210–211 · chapitre 124 sur 209

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« 23 septembre.

« Quel doux souvenir j'ai emporté de Saint-Eloi ! Que je me trouvais bien au milieu de vous ! Avec quelle impatience j'attends le 10 octobre! J'ai lu à M. de Chateaubriand l'article très-aimable du pèlerinage à Combourg. La lettre de Juliette était charmante, mais je suis outrée des soixante francs pour les rideaux : c'est donc horriblement mesquin? J'espère qu'elle s'est trompée. J'ai vu Mme Guizot et les jeunes personnes, qui vous attendent avec une grande impatience. M. Guizot, qui était chez sa mère, a été très-aimable. J'ai profité de l'occasion pour lui faire une toute petite demande pour Mme Robert : il a mis l'empressement le plus gracieux à me remettre pour elle un bon de deux cents francs. M. Salvandy est venu me voir le même jour; il était encore rayonnant des quinze jours qu'il a passés à Eu. - J'ai été fort content de Mme Godefroid. M. Ballanche est assez bien. Le pauvre M. Brifaut souffre beaucoup, mais son courage ne se dément pas. Ce qui pourrait paraître frivole dans son esprit devient admirable dans sa triste situation. Mme et MI'le Deffaudis viennent tous les soirs, elles me font de la musique : la voix de Camille est charmante.

« Voilà une bien longue lettre pour mes pauvres yeux ; j'écris comme avec de l'encre blanche, sans voir ce que j'écris. Pourras-tu me lire? Adieu, mon Amélie, adieu, ma chère petite Juliette; j'attends une lettre de Paule. Je vous embrasse tendrement, je vous regrette et je vous attends.