Madame Récamier et les amis de sa jeunesse (suite)
Camille Jordan → [Mme Récamier]
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
« Dans quelle triste position vous allez me trouver, chère amie! lui répondait-il le 13 juin 1812, ma femme relevant à peine de la maladie la plus cruelle et plongée dans l'affreuse douleur de la mort de sa mère, qui a été enterrée hier, ma fille à peine convalescente d'une maladie qui l'a mise en danger, tout le reste de notre maison malade et dans le deuil; moi, me soutenant encore physiquement, mais le cœur déchiré et flétri depuis trois mois par des angoisses de tout genre.
« Votre arrivée fera luire un rayon de consolation dans cette nuit de douleur. Mais je gémis d'ailleurs d'avance d'être si peu libre de vous voir; de n'avoir à vous apporter qu'un triste visage et de n'être probablement pour vous, d'aucun agrément, d'aucune utilité. Mais au moins tant d'autres ici qui vous aiment s'empresseront de me suppléer. Je me promets une grande consolation de la douceur de vous revoir et de vous rappeler combien je vous suis tendrement attaché.
« Camille. »