Madame Récamier et les amis de sa jeunesse (suite)
[Camille Jordan] → [Mme Récamier], Ce jeudi
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« Ce jeudi.
« Chère Juliette, je viens de voir Mathieu, j'apprends par lui avec un grand intérêt de vos nouvelles et de celles de madame de Staël, mais il m'effraye en me disant que vous pensez à partir lundi. Il faut absolument que vous restiez un jour de plus si vous ne voulez pas me causer une très » grande peine, car voici mon itinéraire : Je ne puis partir samedi comme je voulais, mais je pars dimanche matin; j'arriverai à Auxerre à , une heure, je serai à cinq à votre campagne, j'y passerai la journée suivante et j'en repartirai le mardi. Vous concevez combien il serait dur de ne pas vous y voir au moins une soirée. Je vous demande ce léger délai avec d'autant plus de confiance que je sais que votre mère est mieux. Je le sais par madame Michel qui lui a envoyé son médecin et qui en a reçu il y a une heure de bonnes nouvelles.
« Si madame de Staël a un cabriolet libre, elle me fera plaisir de me l'envoyer demain lundi, pour deux heures, à l'auberge du Léopard; sinon je pense que je trouverai aisément une voiture. Madame de Staël me saura certainement gré de chercher à prolonger la tant douce consolation qu'elle trouve auprès de vous. Je voudrais bien que ma visite lui fût aussi de quelque intérêt. Elle reverra au moins l'un de ceux qui sentent le plus ses peines. Adieu, chère Juliette, exaucez ma prière, joignez ce témoignage d'affection à tant d'autres que j'ai reçus de vous. i