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L'Enchanteur 1768—1848
Madame Récamier [Mme Récamier] → [Mme Lenormant], 1er juin 1829

Lettres de Madame Récamier à sa nièce (suite)

[Mme Récamier] → [Mme Lenormant], 1er juin 1829

Madame Récamier · 1 min de lecture · p. 193–194 · chapitre 114 sur 209

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« 1er juin 1829.

«Tu sais tous les détails de l'abbaye, chère petite : M. Ballanche, Paul, M. Récamier, ont du t'écrire de longues lettres. M. de Châteaubriand est arrivé depuis jeudi; j'ai été heureuse de le retrouver, plus heureuse encore que je ne le croyais. Il ne me manque pour jouir de ce bonheur que de te savoir heureuse. Ton isolement pèse sur mon cœur. Je ne puis te donner de conseils dans l'incertitude où je suis moi-même. Si M. de Chateaubriand retourne à Rome, il est probable que j'y passerai l'hiver. Ma santé me forcera peut-être aussi d'aller cet été à Dieppe pour les bains de mer. Mais d'ici là je serai fixée sur ton sort. Mme Auguste Pasquier1 est très-souffrante. Je n'ai point vu Paul depuis trois jours. J'attends M. de Chateaubriand, qui a une audience du roi et qui doit venir me donner tous les détails de cet entretien. Tu sais que notre malheureuse caisse hypothécaire s'en va : c'est désastreux. Je vois assez de monde, M. Villemain, que je trouve bien aimable, M. de Sainte-Aulaire. Mais c'est l'arrivée de M. de Chateaubriand qui ranime ma vie, qui me semblait prête à s'éteindre. Mes impressions encore si jeunes me font mieux comprendre les tiennes : c'est une manière de plus d'être en sympathie avec toi, et c'est à moi que tu dois toutes les confidences de ton pauvre cœur. »

1. Belle-sœur du chancelier, grand'mère du duc d'Audiffret-Pasquier. ↩