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L'Enchanteur 1768—1848
Madame Récamier [Mme Récamier] → [J.-J. Ampère], 1er août 1829, Dieppe

Jean-Jacques Ampère et l'Abbaye-au-Bois (suite)

[Mme Récamier] → [J.-J. Ampère], 1er août 1829, Dieppe

Madame Récamier · 1 min de lecture · p. 273 · chapitre 156 sur 209

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Dieppe, 1er août 1829.

« C'est aujourd'hui que vous êtes parti1 ; je vous suis de ma pensée et de mes vœux. J'attends avec impatience des nouvelles de votre voyage. Nous parlions ce matin avec M. Ballanche de votre illustre père, il a pour lui l'attachement le plus tendre ; je lui parlais de vous, de l'avenir, j'aimais à m'entretenir au bord de la mer de ces projets si doux de ne faire qu'une même famille.

1. Pour Hyères. ↩

« Nous sommes ici au milieu du monde dans une parfaite solitude. Je me couche à neuf heures, je me lève à six, je prends les bains de mer qui doivent me changer du tout au tout; je lis, je me promène au bord de la mer, je pense et je rêve à mes amis, je fais quelques visites le matin et je passe la soirée avec M. Ballanche. Il s'arrange à merveille de cette solitude, il n'y manque que vous pour l'animer de votre esprit et pour nous défendre par la variété de votre entretien d'un peu de monotonie. M. de Chateaubriand est arrivé à Cauterets; j'ai reçu aujourd'hui une lettre de lui, d'une sensibilité douce et pénétrante ; l'intérêt qu'il prend à vous est un droit de plus à mon attachement; rien n'est plus doux que de pouvoir lier et confondre tous les intérêts de son cœur.

« Adieu, parlez à M. votre père de mon tendre intérêt, pensez à moi dans vos ennuis, donnez-moi souvent de vos nouvelles. Je n'ose espérer de vous voir ici, mais j'y pense si souvent à vous que ce n'est pas une séparation. »