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L'Enchanteur 1768—1848
Madame Récamier [Camille Jordan] → [Mme Récamier], [25 ventôse an XII (15 mars 1804)]

Madame Récamier et les amis de sa jeunesse (suite)

[Camille Jordan] → [Mme Récamier], [25 ventôse an XII (15 mars 1804)]

Madame Récamier · 1 min de lecture · p. 21 · chapitre 13 sur 209

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Chère Juliette, quel va être votre étonnement ! Cet irrésolu se fixe, cet inconstant s'enchaîne ! Je me marie, j'épouse une Lyonnaise, je fais un de ces mariages conseillés par les grands parents, mais sanctionné par le cœur, à la fois raisonnable et doux. Il y a, malheureusement pour la perfection du roman, de la fortune et des convenances. Mais d'ailleurs on est jeune, on a du sens, de la vertu, de la grâce : on paraît m'aimer beaucoup et tout dur que je suis, je m'en laisse attendrir... Votre amitié curieuse voudrait sans doute plus de détails, vous ne les aurez point ; il faut venir les chercher. Je soupire avec plus d'ardeur que jamais après votre voyage, j'ai le plus vif désir de vous la faire connaître et aimer. Pour elle je suis bien sûr qu'elle vous aimera, que nos cœurs, si d'accord, s'entendront sur Juliette, chériront ensemble cette bonté et cette grâce ineffables. Je vous prie d'annoncer de ma part mon mariage à votre mari, car je suis bien sûr de l'intérêt amical que son bon cœur y prendra. Dites-lui que c'est Mademoiselle Magnieunin de Lyon, mais probablement il ne la connaît pas.

« Je vous prie aussi d'en faire part à votre mère, votre père, à tous les vôtres, en me rappelant au souvenir et à l'amitié de tous. Écrivez-moi bientôt.