Lettres de Madame Récamier à sa nièce (suite)
[Mme Récamier] → [Mme Lenormant], 2 juillet 1818, Dieppe
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
1.
1. Depuis le jour où je fus amenée à Paris, je n'avais jamais. quitté ma tante; mais lorsque le moment de ma première communion fut arrivé, Mme Récamier, désirant que ce grand acte s'accomplit dans un recueillement profond et loin de toute distraction mondaine, me mit au couvent du Sacré-Cœur en me recommandant tout particulièrement à Mme Eugénie de Gramont, avec laquelle elle était fort liée et dont le frère avait épousé la fille de son amie, la marquise de Catellan. Je passai une année au Sacré-Cœur; c'est là que me furent adressés les billets insérés ici, ↩
« Je ne retournerai à Paris, ma chère enfant, que le 17 de ce mois. Si, comme je l'espère, Mme de Gramont est contente de toi, je lui demanderai la permission de te faire sortir le jour de mon arrivée. Je suis satisfaite de l'intention que tu as de t'occuper. Je trouve ta dernière lettre plus raisonnable; je me désolais de l'opinion que tu donnais de toi par ton peu de résignation, mais j'espère que tu effaceras cette impression. Je prends deux bains par jour, ce qui me fatigue et me force à me coucher dans les intervalles.
« Je pense souvent à toi, j'en parle souvent avec M. Ballanche : tu seras un grand malheur ou un grand bonheur dans ma vie, et cela dépend de toi. Je t'embrasse et j'attends avec impatience le 17 juillet.
« Je prie Mme de Gramont d'agréer mes tendres souvenirs. »