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L'Enchanteur 1768—1848
Madame Récamier [Mme Récamier] → [J.-J. Ampère], 14 mars 1830

Jean-Jacques Ampère et l'Abbaye-au-Bois (suite)

[Mme Récamier] → [J.-J. Ampère], 14 mars 1830

Madame Récamier · 1 min de lecture · p. 281–282 · chapitre 164 sur 209

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« 14 mars 1830.

« Il y a des siècles que je ne vous ai écrit et jamais vous n'avez plus occupé ma pensée. Je me sens une tendre reconnaissance pour tous les soins que vous donnez à votre excellent père, je recueille avec bonheur au fond de mon âme tout ce qui peut encore ajouter à l'opinion que j'avais de vous, tout ce qui donne de nouvelles raisons de vous aimer.

« J'aime à m'entretenir de vous avec vos amis; je vois quelquefois Sautelet et Mérimée. Le pauvre Sautelet est assez ennuyé de son procès, quoiqu'il accepte sa situation non-seulement avec courage, mais de très-bonne grâce.

« Nous touchons au moment de votre cours, cela fait battre le cœur. Non, assurément, je ne voudrais pas y être, je serais trop troublée. Vous imaginez avec quelle impatience nous attendons les détails.

« Vous avez donc été dans le monde? j'en faisais autant de mon côté. J'ai été à une matinée chez Mme de Sainte-Aulaire, et à un dîner chez Mme de Boigne. J'ai été aussi chez la duchesse de Raguse ; j'ai revu une quantité de personnes que je n'avais pas vues depuis des siècles. Vous n'imaginez pas comme on a été aimable et empressé pour moi; j'en étais toute étonnée et toute charmée, car il me semblait tout simple d'être oubliée.

« Voilà les beaux jours qui s'approchent, les lilas et les roses auront fleuri avant votre retour : c'est bien triste. »