Jean-Jacques Ampère et l'Abbaye-au-Bois (suite)
[Mme Récamier] → [J.-J. Ampère], 26 mars 1827
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
« 26 mars 1827.
« J'ai reçu deux lettres de vous depuis que je ne vous ai écrit. Je n'ai pas besoin de vous dire avec quel intérêt je lis vos lettres. J'ai été surtout charmée de l'article par lequel vous avez craint de m'effaroucher.
« L'impression qui vous est restée de ce cours d'exégèse me semble un progrès auquel j'attache le plus grand prix. Avec de l'âme et des facultés supérieures, il est impossible de ne pas souffrir de l'absence de croyances ; puisque vous ne pouvez plus croire avec les simples, croyez avec les savants; nous arriverons ainsi par des chemins différents au même résultat. Je suis plus convaincue chaque jour du néant de tout ce qui ne se fait pas dans ce but ou du moins dans cet espoir. Quand pourrons-nous causer ensemble? Que de choses j'aurai à vous demander! Je vois souvent votre ami Alexis de Jussieu, il est fort aimable pour moi; je lui fais des sermons et cependant je ne l'ennuie pas, ce qui me paraît un vrai triomphe. M. et Mme Lenormant, M. Ballanche sont toujours occupés de vous avec un aimable intérêt, et nous ne passons guère de jour sans parler du pauvre absent que nous regrettons et que nous désirons tous, mais moi plus encore que tous. Adieu, adieu. - Avez-vous pensé à moi le 24 de ce mois1? J'ai passé ce cruel anniversaire à la pauvre petite vallée. J'y ai lu des lettres admirables de notre saint ami. Vous les verrez un jour. »
1. Anniversaire de la mort de Mathieu de Montmorency, arrivée le 2½ mars 1820. ↩