Madame Récamier et les amis de sa jeunesse (suite)
[Le baron de Vogt] → [Mme Récamier], 12 novembre, Coppet
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
« Coppet, 12 novembre.
« Werner nous a quittés dans le commencement du mois, il ira à Rome, si la peur qu'il a de tout lui permet d'y parvenir. Il y a un singulier genre de folie et d'inaptitude dans ces personnes dominées par l'imagination. C'est payer, même le génie, plus qu'il ne vaut.
« J'ai accompagné Corinne chez Massot1. Pour diminuer l'ennui de la séance on avait arrangé une jolie musique, une demoiselle Romilly pince bien agréablement de la harpe ; l'atelier était le temple des muses. Le portrait sera ressemblant sans cette exagération d'inspiration qui, parmi d'autres choses, dépare le portrait de Mme Lebrun.
1. Peintre de portraits. ↩
« Bonstetten nous a fait deux lectures d'un mémoire sur les Alpes du Nord où il y avait du très-bon et puis un peu d'ennui.
« Mme de Staël a repris ses lectures, il n'était plus question d'ennui. Il est prodigieux ce qu'il faut avoir lu et assez approfondi pour se donner les idées à l'occasion desquelles elle dit de si jolies choses. On pourra facilement n'être pas de son avis, mais on ne pourra pas s'empêcher d'aimer son talent. »