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L'Enchanteur 1768—1848
Madame Récamier [Le baron de Vogt] → [Mme Récamier], 12 novembre, Coppet

Madame Récamier et les amis de sa jeunesse (suite)

[Le baron de Vogt] → [Mme Récamier], 12 novembre, Coppet

Madame Récamier · 1 min de lecture · p. 65 · chapitre 44 sur 209

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Coppet, 12 novembre.

« Werner nous a quittés dans le commencement du mois, il ira à Rome, si la peur qu'il a de tout lui permet d'y parvenir. Il y a un singulier genre de folie et d'inaptitude dans ces personnes dominées par l'imagination. C'est payer, même le génie, plus qu'il ne vaut.

« J'ai accompagné Corinne chez Massot1. Pour diminuer l'ennui de la séance on avait arrangé une jolie musique, une demoiselle Romilly pince bien agréablement de la harpe ; l'atelier était le temple des muses. Le portrait sera ressemblant sans cette exagération d'inspiration qui, parmi d'autres choses, dépare le portrait de Mme Lebrun.

1. Peintre de portraits. ↩

« Bonstetten nous a fait deux lectures d'un mémoire sur les Alpes du Nord où il y avait du très-bon et puis un peu d'ennui.

« Mme de Staël a repris ses lectures, il n'était plus question d'ennui. Il est prodigieux ce qu'il faut avoir lu et assez approfondi pour se donner les idées à l'occasion desquelles elle dit de si jolies choses. On pourra facilement n'être pas de son avis, mais on ne pourra pas s'empêcher d'aimer son talent. »