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L'Enchanteur 1768—1848
Madame Récamier [Lemontey] → [Mme Récamier]

Madame Récamier et les amis de sa jeunesse (suite)

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Madame Récamier · 1 min de lecture · p. 84 · chapitre 57 sur 209

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« J'apprends avec bien du plaisir que vous renoncez aux projets de voyage. Outre quelques inconvénients attachés aux circonstances, il semble que ce mouvement témoignait de l'inquiétude et de la faiblesse. Il faut laisser ce tourbillon aux têtes à fusées de votre connaissance ; avec un cœur pur et un esprit cultivé, vous serez étonnée des ressources que vous trouverez en vous-même, et combien la solitude rendra votre imagination aimante. J'aurais bien désiré voir un moment votre ermitage, pour que le souvenir m'en fût toujours resté présent et que ma pensée sût toujours où vous trouver, car depuis votre départ je ne vous ai pas quittée. J'aime tout ce qui vous rappelle ; je suis touché jusqu'aux larmes de l'amitié de Mme de Catellan, et de l'intérêt franc et tendre de M. Récamier. J'en veux à tous ces imbéciles de profession qui font des livres, de n'avoir pas mis au jour un seul ouvrage que je puisse vous envoyer avec la certitude qu'il vous intéresserait.

« La plus à plaindre c'est la pauvre cousine1, elle est exilée de vous ainsi que moi et je compatis bien à sa douleur qui est la mienne. Vous ne devez pas douter de l'impatience avec laquelle je ne cesserai d'attendre de vos nouvelles et de la reconnaissance que j'aurai pour tout ce que la Providence ou les hommes feront de bon pour vous. Love ever you.

1. Mme Dalmassy. ↩

« Édouard. »