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L'Enchanteur 1768—1848
Madame Récamier [Mme Récamier] → [J.-J. Ampère], [10 juin]

Jean-Jacques Ampère et l'Abbaye-au-Bois (suite)

[Mme Récamier] → [J.-J. Ampère], [10 juin]

Madame Récamier · 1 min de lecture · p. 286–287 · chapitre 168 sur 209

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Non assurément, lui disait-elle, je ne suis pas fâchée; c'est vous qui pourriez l'être. Je ne vous ai point écrit, je ne vous ai pas répondu; une invincible paresse, une horreur pour l'action d'écrire, qui devient une espèce de manie, m'a fait confier à M. Ballanche le soin de vous parler de ma tendre et constante amitié; mais je veux vous dire moi-même le regret que j'éprouve de ne point me trouver à Paris pour l'époque de votre retour. Je pars pour Dieppe le 25 de ce mois et je ne serai de retour qu'à la fin de juillet. Il est triste d'ajouter quelques semaines à cette absence que je trouvais déjà si longue, mais enfin vous avez rempli le but de votre voyage, vous retrouvez le prix de vos sacrifices et vous pourrez presque vous dire que c'est è vos soins que votre excellent père doit le retour de la santé. Vous avez de plus cueilli sur votre passage une moisson de succès à laquelle vous ne pensiez pas.

« Pourquoi faut-il que des nouvelles aussi douloureuses qu'inattendues1 soient venues contrister votre cœur? Je ne veux pas appuyer sur ces pensées, nous en parlerons. J'avais reçu les confidences de ce pauvre jeune homme, son amitié pour vous m'attachait à lui, j'ai bien compris tout ce que vous éprouveriez. Adieu, adieu, que de choses nous aurons à nous dire ! »

1. La mort de Sautelet qui s'était tué le 13 mai. ↩