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L'Enchanteur 1768—1848
Madame Récamier [Mme Récamier] → [Mme Lenormant], 13 août 1842, Maintenon

Lettres de Madame Récamier à sa nièce (suite)

[Mme Récamier] → [Mme Lenormant], 13 août 1842, Maintenon

Madame Récamier · 2 min de lecture · p. 213–214 · chapitre 126 sur 209

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Maintenon, 13 août 1842.

« Tu vas donc recevoir ce mot à Lyon, tu vas revoir cet hôtel de l'Europe où tu avais bien la plus triste des tantes. - Je te suis à Belley jusqu'à la place où tu m'apparus pour la première fois. - Je vois encore la prairie devant la maison de ta grand'mère, où j'eus la première idée de te demander à tes parents. Je voulais par cette adoption charmer la vieillesse de ton oncle; ce que je croyais faire pour lui, je l'ai fait pour moi, c'est lui qui t'a donnée à moi, j'en bénirai toujours sa mémoire.

« Comme je ne puis écrire qu'un mot, je te recommande surtout de soigner ta santé que tu négliges beaucoup trop. C'est notre ancienne querelle, c'est ton seul défaut. Je supplie M. Lenormant de veiller sur toi; ma santé à moi est détestable. Le duc et la duchesse de Noailles ont si parfaits dans leurs soins que je m'aperçois peine que je ne suis pas chez moi. M. de Chaeaubriand arrive le 20 de ce mois, je ne pense as qu'il reste plus d'un jour. Nous retournerons Paris par Saint-Vrain où nous trouverons le hilosophe Ballanche entre Dragonneau et l'Ame exilée. Je ne sais plus ce que je deviendrai ensuite, et ce que je ferai du mois de septembre. Ecris-moi souvent, réponds à tout ce que je voudrais te demander. Avez-vous des chances our l'avenir? Le changement de ministère ne era-t-il pas un obstacle? Je ne sais encore rien lu rapport de M. Lenormant à l'Institut ; il m'a écrit une fort aimable lettre dont je le remercie. 1. Brifaut est toujours aimable et bon; il juittera Maintenon à regret : il y est dans son élément : les beautés de ce royal château, les ouvenirs de Louis XIV et de Mme de Maintenon, nais surtout le plaisir de se voir entre la luchesse de Noailles et la duchesse de Talleyand, sont des jouissances dont il ne se lasse pas. e lui sais presque gré d'une faiblesse qui lui on ne tant de satisfaction. On aurait fort désiré vous avoir ici; le duc de Noailles l'espère pour l'été prochain. Adieu chère Amélie, ne me laisse pas oublier par tes enfants. Je suis bien peu de chose pour eux, ils ne peuvent m'aimer que par toi, j'espère qu'il n'en sera pas toujours ainsi. Adieu encore, je te presse sur mon cœur. »