Madame Récamier et les amis de sa jeunesse (suite)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
La chute de l'empire rouvrit à Mme Récamier les portes de la France, et elle se hâta d'en profiter pour revenir à Paris au milieu des siens. Elle s'arrêta pourtant deux jours à Lyon afin de voir sa belle-sœur et Camille Jordan.
Le retour de Mme Récamier dans la société parisienne fut un véritable triomphe et comme une ère de renouvellement et de recrudescence de ses succès. A l'éclat d'une beauté à laquelle les années n'avaient rien ôté de son charme se joignait désormais un prestige de plus, celui de la fermeté dont elle avait fait preuve pendant ces trois ans d'exil. Mais dans de telles circonstances il reste peu de temps à donner aux correspondances; aussi voyons-nous Camille Jordan se plaindre d'un silence qui lui ferait craindre l'oubli, en même temps qu'il s'accuse lui-même de paresse. Il écrit de Lyon le 16 août 1814.