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L'Enchanteur 1768—1848
Madame Récamier [J.-J. Ampère] → [La duchesse de Mouchy], [14 février 1855], [Rome]

Jean-Jacques Ampère et l'Abbaye-au-Bois (suite)

[J.-J. Ampère] → [La duchesse de Mouchy], [14 février 1855], [Rome]

Madame Récamier · 2 min de lecture · p. 369 · chapitre 195 sur 209

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Vous jugez, madame la duchesse, avec quels sentiments de reconnaissance et d'émotion, j'ai reçu votre précieux envoi; j'ai relu ce charmant et noble écrit1. J'ai lu les lignes simples et touchantes dont vous l'avez accompagné, et le portrait, et celui de ce cher et triste Mouchy! j'ai reconnu la fenêtre de la chambre où j'ai été soigné avec tant de bonté dans ma maladie. Bien des souvenirs doux et affligeants se pressaient dans ma mémoire. Chaque ligne, chaque mot me frappaient comme nouveaux. Je croyais entendre, voir celle qui les a écrits. Je vous remercie aussi de l'article (sur sa promenade en Amérique) que vous m'avez envoyé, bienveillant comme tous ceux dont j'ai eu connaissance, on m'y reproche de ne pas être assez libéral : c'est un reproche que je me sens mériter moins que jamais, et il y a quelque mérite, car le principe contraire est bien triomphant, mais je suis trop vieux et trop bête pour changer.

1. La vie de la princesse de Poix, née Beauvau, par la vicomtesse de Noailles. Délicieux volume en effet, tableau charmant de la société la plus élégante du siècle dernier. Ce livre que la duchesse de Mouchy fit imprimer à petit nombre après la mort de sa mère, ne se trouve pas dans le commerce. C'est un chef-d'œuvre de typographie. ↩

« J'ai vu M. l'abbé Roux avec qui j'ai eu bien du plaisir à parler de son oncle, il vient passer trois ans à Rome; je ne le plains pas trop, si je pouvais y amener quelques personnes, je regretterais peu Paris et les ovations pacifiques.

« Cependant je fais tout ce que je puis pour en partir, en courant le jour les antiquités et en écrivant la nuit. Mais je ne suis pas au bout de ma besogne et comme en se prolongeant elle retarde mon retour, vous me permettrez de trouver qu'il y a trop d'Empereurs... Romains.

«Adieu, madame la duchesse, mille hommages affectueux. Vous savez ceux auxquels je serais heureux d'être rappelé. »