Madame Récamier et les amis de sa jeunesse (suite)
[Mme de Staël] → [Mme Récamier], 10 mai 1806, Auxerre
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« Auxerre, 10 mai 1806.
« Chère Juliette, vous êtes inépuisable de bontés pour moi, mais ne me donnerez-vous donc pas le plaisir indicible de vous voir? Je vous envoie mon fils cadet qui est tout amoureux de vous, comme le reste de sa famille. Je vous prie de bien traiter M. Schlegel, qui est bien plutôt mon ami que l'instituteur de mes enfants. J'ai la permission de rester ici, mais je n'y puis rester longtemps, car c'est la vie la plus triste qu'il soit possible d'imaginer. Il n'y a pas une ressource pour l'éducation des enfants, pas un musicien, rien au monde que la rivière et la plaine, et mon imagination est trop mélancolique pour y résister. Tirez-moi de là, si vous pouvez. Murât n'est-il plus à Paris? Ne pourriez-vous pas l'intéresser pour moi? Je sais comme vous savez intéresser pour moi : j'aime mieux l'indirect par vous, que le direct par moi. Adieu, belle Juliette, je finis comme j'ai commencé, faites donc que je vous voie »