Madame Récamier et les amis de sa jeunesse (suite)
[Mathieu de Montmorency] → [Mme Récamier], [19 juillet], [Paris]
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
« Je remercie de tout mon cœur le bon Dieu, belle et aimable Juliette, de vous avoir préservée de cet affreux danger qui nous a fait frémir. - J'aurai beaucoup de dévotion pour la croix qu'un bien excellent sentiment vous donne le désir de faire élever dans ce terrible endroit; je crois que j'y ferai un jour un pèlerinage; ce sont quelques-uns de ces sentiments précieux toujours comptés auprès de Dieu qui vous ont attiré sa protection dans ce moment de péril; l'impatience où vous avez été de ménager de hautes consolations à l'intéressant malade1 de Pau a déjà été récompensée. L'abbé Fousset vient de m'envoyer d'Orléans la copie d'une lettre qu'il lui avait écrite, où il lui rend compte de sa confession générale, de sa résignation et de toutes les consolations que la religion lui a apportées ; il désire, le bon abbé, que vous soyez instruite de cette lettre.
1. Il s'agit du prince Alphonse Pignatelli, beau, jeune, qui se mourait de la poitrine. Mme Récamier l'avait amené à des sentiments de résignation religieuse qui adoucirent ses derniers moments. ↩
« Alphonse avait beaucoup souffert, mais se trouvait un peu mieux pour la souffrance - on n'ose rien ajouter, mais prions bien pour lui; - son frère est enfin parti. Adrien aura eu tristement à Aix-la-Chapelle cette nouvelle de Moret. Je n'ai pas encore l'avis de son arrivée.
« Vous jugez si mes vœux et mes regrets vous suivent dans cette maison aimable et hospitalière de l'amitié, dont il m'eût été si doux d'approcher cet été. Je l'ai cru un moment, mais je ne m'en flatte plus. Mille tendres hommages, mes compliments à votre compagnon de voyage dont nous devons tous envier le dévouement. »