Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848
Madame Récamier Camille Jordan → Mme Récamier, 1803, Saint-Ouen

Madame Récamier et les amis de sa jeunesse (suite)

Camille Jordan → Mme Récamier, 1803, Saint-Ouen

Madame Récamier · 1 min de lecture · p. 19 · chapitre 11 sur 209

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

CAMILLE JORDAN A Mme RÉCAMIER.

« De Saint-Ouen, 1803.

« Chère Juliette, je vous ai laissée souffrante et je suis en peine de votre santé, je vous prie de m'en donner quelque nouvelle par le retour de mon messager; je voulais aller m'en informer hier, mais je revins trop tard, j'irai au premier moment de liberté, pourvu toutefois que ma visite ne vous ennuie pas, car le doute que vous avez eu du plaisir que me fit votre dernière m'inspire une défiance mieux fondée. Oh! ce doute m'est resté sur le cœur, je ne vous le pardonnerai de longtemps. - Cependant non, je suis sûr de vous intéresser, car je vous parlerai d'Adrien1, de la visite que je lui ai faite, je vous conterai mon dîner avec Fox où il a été question de vous. Voici les papiers de l'hospice que j'avais emportés par mégarde, j'espère que vous n'oubliez pas les petites filles et le charmant projet si digne de votre bon cœur.

1. Adrien de Montmorency. ↩

« Que devient la belle Aline et le roman portugais? Dites-lui, je vous prie, quelque chose de gracieux de ma part. Dites-lui que nous la prions de préparer sa douce voix pour chanter une romance du xvie siècle qui n'est point connue et qui nous charme. Annette et Degérando se rappellent à votre souvenir. - Adieu, chère Juliette, je vous aime quoique un peu moins qu'avant notre dernière conversation.