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L'Enchanteur 1768—1848
Madame Récamier [Alexis de Tocqueville] → [J.-J. Ampère]

Jean-Jacques Ampère et l'Abbaye-au-Bois (suite)

[Alexis de Tocqueville] → [J.-J. Ampère]

Madame Récamier · 1 min de lecture · p. 384 · chapitre 205 sur 209

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Heureux mortel que vous êtes de pouvoir produire du premier coup des œuvres qui, après vous avoir satisfait, charment le public! Il y a pour moi un vrai plaisir à vous voir à l'œuvre et à considérer cet esprit si vif, si net, sautant d'un sujet à un autre, et trouvant pour tous aussitôt la chose à dire, le moyen de la dire agréablement, prompt et sûr en même temps. En lisant votre lettre, je croyais vous voir visitant vos amis, cherchant un logement, commençant un chapitre d'Histoire romaine à Rome sur le coin d'une table de café, et le finissant au milieu de la campagne romaine; le matin faisant de la prose sur les grands coquins de l'antiquité et l'après-midi des vers sur les petits coquins de notre temps. » » A la fin de l'année 1858, Alexis de Tocqueville, dont un crachement de sang avait trop tard révélé le danger, s'acheminait vers le Midi que depuis plusieurs années il n'aurait pas dû cesser d'habiter. Il passa l'hiver à Cannes, avec des alternatives de mieux et de plus mal qui ne laissaient d'espérance qu'à lui seul. Trompé par les illusions que la correspondance du malade lui fit partager jusqu'aux derniers moments, et retenu d'ailleurs à Rome, nous l'avons dit, par des inquiétudes cruelles, Ampère se décida, dans le printemps de 1859, à venir passer quelques semaines auprès de l'ami qu'il se faisait un grand bonheur de revoir. Il arrivait en Provence en pleine sécurité.