Lettres de Madame Récamier à sa nièce (suite)
[Mme Récamier] → [Mme Lenormant], le dimanche de Pâques, Vallée-aux-Loups
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
« De la Vallée-aux-Loups, le dimanche de Pâques1.
« Je veux, ma pauvre enfant, te rassurer sur ma solitude. J'ai éprouvé un tel déchirement de cœur en entrant ici, les premiers moments ont été si douloureux que je trouve encore que j'ai bien fait de ne pas te laisser venir avec moi. M. Ballanche et Paul1 sont parfaits, comme tu les connais. J'ai entendu la messe ce matin, et j'ai écrit une longue lettré à Mme de Montmorency. Je t'attends mercredi, l'amertume des premiers moments sera passée et te revoir me sera doux.
1. Le duc Mathieu de Montmorency venait de mourir foudroyé par la rupture d'un anévrisme, le vendredi saint 1826, tandis qu'il était prosterné auprès du saint tombeau à Saint-Thomas-d'Aquin, sa paroisse. ↩
1. Paul David, neveu de M. Récamier, esprit original et cœur dévoué. Son amitié ne fut ni moins fidèle ni moins délicate que celle de Ballanche. Il survécut à Mme Récamier, qui l'avait nommé son exécuteur testamentaire. M. de Loménie a consacré, dans l'Ami de la religion du 25 septembre 1860, quelques pages charmantes à la mémoire de cet homme de bien. ↩
« Adieu, chère enfant. »