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L'Enchanteur 1768—1848
La façade d'entrée et le grand perron ; à droite, la grosse tour, « tour du More » (2026)

Lieux

Château de Combourg

35270 Combourg

La façade d'entrée et le grand perron ; à droite, la grosse tour, « tour du More » (2026)
La façade d'entrée et le grand perron ; à droite, la grosse tour, « tour du More » (2026) — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026

Acheté par le père en 1761 ; la famille s’y installe en mai 1777. Toujours propriété des descendants, ouvert à la visite.

En bref

L’achatPrise de possession du comté le 9 août 1761 par Antoine de Bédée, au nom de René-Auguste : il entre dans les appartements, monte sur les créneaux, ouvre et ferme les fenêtres, « fait feu et fumé, bu et mangé », arrache des herbes dans la cour (Archives d’Ille-et-Vilaine, catalogue de 1948). Le château est acheté au duc de Duras ; les campagnes corsaires de la Villegénie (1759-1760) l’ont permis.
PropriétéTerre « recouvrée » par René-Auguste de Chateaubriand, qui s’arrange avec le maréchal de Duras ; les Mémoires placent l’achat sept ans avant le retour de l’enfant à Saint-Malo, à trois ans (soit vers 1764) ; la date usuelle est 1761 (à vérifier). Il y meurt le 6 septembre 1786.
SéjoursPrintemps 1777 : premier séjour de quinze jours avant le collège de Dol ; vacances de 1777 à 1782 ; été 1783 après Brest ; 1784 – été 1786 : les deux années avec Lucile ; dernier passage en janvier 1791, en allant s’embarquer à Saint-Malo (« comment je passai par Combourg »).
Avec qui« Quatre maîtres » : son père, sa mère, Lucile et lui ; une cuisinière, une femme de chambre, deux laquais, un cocher (après 1783).
Sa chambre« Une espèce de cellule isolée, au haut de la tourelle de l’escalier » qui donne sur la cour intérieure ; fenêtre à carreaux losangés.
Les autres chambresAppartement de sa mère au-dessus de la grand’salle, entre les deux petites tours (parquet, glaces de Venise) ; Lucile dans un cabinet de cet appartement ; la femme de chambre dans le corps de logis des grandes tours ; valet et domestique dans des caveaux voûtés au bas de l’escalier ; la cuisinière dans la grosse tour de l’ouest ; hôtes dans la tour du nord, « appartement de la reine Christine ».
La chambre du pèreLe catalogue de 1948 la place au rez-de-chaussée de la petite tour de la façade est, devant laquelle se dresse la croix que les Mémoires disent élevée « devant la tour où est mort mon père » ; Collas la met dans la « tour au midi » des inventaires, c’est-à-dire la tour Sybille. Les deux indications désignent sans doute la même tour (concordance non vérifiée sur place).
Les toursConcordance établie par Georges Collas (1921) : la « grande tour » des Mémoires, tour du Nord des inventaires (XIe siècle), est la tour du More ; la « grosse tour de l’ouest » (archives, billard), dite tour du Gaugray en 1787, est la tour du Croisé ; la « petite tour de l’est » (chambre du comte), « tour au midi » en 1787, est la tour Sybille ; la « petite tour de l’ouest » (cabinet du comte), « tour du sud » en 1787, est la tour du Chat. Les Mémoires décrivent le château comme orienté au nord ; sa façade regarde en fait le nord-ouest.
Un dessin ancienUn dessin à la plume anonyme du XVIIIe siècle, « trouvé en 1881 dans les archives du château » et attribué par le catalogue de 1948 à Chateaubriand, à son frère ou à ses sœurs enfants, montre la façade avec des hermines au-dessus de la porte, disparues ensuite (n° 30, collection de la comtesse de Durfort).
Les inventairesTrois actes du notaire Raphaël-François Labbé : scellés du 12 septembre 1786, ouverture de la grande salle le 17 octobre 1786, inventaire estimatif du 27 février au 13 mars 1787 en présence de toute la famille (la mère, Jean-Baptiste, François-René assisté de son curateur Gesbert de la Noë-Seiche, les Marigny, les Chateaubourg, Julie munie d’une procuration, Lucile) ; puis les inventaires révolutionnaires de 1793 et de l’an II (Archives d’Ille-et-Vilaine, découverts par Collas en 1913).
Le mobilier en 1787Chambre du chevalier : sans cheminée, un lit (200 livres), une tapisserie, deux tables, un fauteuil. Cabinet de Lucile : un petit lit à rideaux d’indienne, une table, quatre chaises de velours rouge. Chambre du comte : un lit à rideaux de toile blanche (60 livres), un fauteuil de velours rouge, une petite table de marbre et de grandes armoires (argenterie, louis d’or). Chambre de la mère : lit de satin jaune (500 livres), sopha, trois tables de marbre. Grande salle : douze fauteuils, vingt chaises, deux glaces, tables de jeu, douze tableaux. Autres pièces : chambre rouge (lit de satin cramoisi), chambre de M. de Bedée, chambre jaune, chambre « armoïée », chambre « d’alcoffre », billard, archives (six armoires). Pas de bibliothèque ni de livres inventoriés. Mobilier du château : environ 7 000 livres ; succession hors Combourg : 265 260 livres (Collas).
Ce que les inventaires confirmentLa grande salle et son tableau de la prise de Troie, l’appartement de la mère, le cabinet de Lucile, la chambre de la reine Christine (lit de sept pieds), l’horloge, le carrosse doré, les deux vieilles juments, le bateau de l’étang (retrouvé en 1793). En revanche, les armes « depuis le pistolet jusqu’à l’espingole » du cabinet du comte n’y figurent pas (Collas).
Sous la RévolutionScellés le 2 juillet 1791 ; inventaires de mars et de juin 1793, vitres brisées à coups de fusil ; après l’exécution de Jean-Baptiste (22 avril 1794), inventaire « au compte de la nation » (20-23 mai 1794), titres féodaux brûlés, vente aux enchères du 12 au 16 juin 1794 (23-28 prairial an II) : 8 213 livres ; atelier de salpêtre dans la grande écurie ; le carrosse est conduit à Dol. Selon Lamennais (1823), le corps du comte fut déterré et brûlé sur la place. Le château ne servit pas de prison sous la Terreur, contrairement à ce que disent les Mémoires (Collas).
La Révolution, d’après d’autres pièces21 juillet 1792 : le directoire du département rappelle à l’ordre la municipalité, des habitants ayant envahi le château ; 2 novembre 1793 : le comité de surveillance propose d’y enfermer les suspects, projet resté sans suite, d’où la phrase des Mémoires sur Lucile « au moment d’être renfermée » au château ; 16 juillet 1794 : le district de Dol envisage de le faire démolir pour en tirer les pavés de la traversée du bourg (catalogue de 1948, Archives d’Ille-et-Vilaine).
Après 1796Séquestre levé à la demande de la mère, représentée par Julie de Farcy ; expertise de la terre en juillet 1796 ; le domaine revient aux fils de Jean-Baptiste.
Un retour en 1802 ?Dans une lettre à Mme de Staël du 24 juin 1802, Chateaubriand écrit avoir « vu le toit paternel » ; les Mémoires donnent 1791 pour sa dernière visite. Date et circonstances de ce passage non établies (catalogue de 1948 ; lettre conservée chez le duc de Broglie).
Restauration de 1876Le château est restauré en 1876, ce qui « altéra » son aspect primitif (catalogue de 1948).
État actuelChâteau privé, ouvert à la visite. En 2026, la véritable chambre de l’écrivain, au haut de la tour, est fermée pour des travaux contre la mérule ; elle est reconstituée au premier étage de la tour du Chat, dans la « chambre rouge ». Collas place la chambre du chevalier parmi « les deux chambres supérieures de la tour du Sud » de 1786, c’est-à-dire la tour du Chat ; les Mémoires parlent de « la tourelle de l’escalier » (identification de Collas).
CertitudeDisposition des chambres d’après les Mémoires (livre III, chapitres 3 et 4), confirmée et complétée par les inventaires de 1786-1796 publiés par Collas (1921).

Le lieu

Le château domine la petite ville de Combourg, en Ille-et-Vilaine, à mi-chemin de Saint-Malo et de Rennes. À ses pieds s’étend un étang, le lac Tranquille ; au-delà, des bois et des landes qui rejoignent la forêt.

Une forteresse des marches de Bretagne

Le château de Combourg, au nord de l’Ille-et-Vilaine, à mi-chemin de Saint-Malo et de Rennes, est fondé au XIe siècle par la famille des seigneurs de Dol-Combourg ; Rivallon, seigneur de Combourg, fonde en 1149 le prieuré voisin. La forteresse, remaniée aux XIVe et XVe siècles, se compose de quatre tours reliées par des courtines, autour d’une cour intérieure. Elle passe aux Coëtquen puis aux Duras. En 1761, René-Auguste de Chateaubriand, enrichi par l’armement et le commerce maritime, l’achète au duc de Duras et prend le titre de comte de Combourg.

La description des Mémoires

L’enfant y arrive en mai 1777, après une première vue qui le marque pour la vie :

« […] partout silence, obscurité et visage de pierre : voilà le château de Combourg. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 7. · Lire le passage

« Un souper servi dans la salle des Gardes, et où je mangeai sans contrainte, termina pour moi la première journée heureuse de ma vie. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 7. · Lire le passage

Il en décrit les abords : le perron et la Cour Verte au nord-ouest, le petit Mail et le grand Mail, futaies de chênes, de hêtres et de châtaigniers ; au midi, l’étang, sa chaussée où passe la route de Rennes, le moulin, la prairie et le village.

« Madame de Sévigné vantait de son temps ces vieux ombrages ; depuis cette époque, cent quarante années avaient été ajoutées à leur beauté. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 7. · Lire le passage

Qui couchait où (vers 1784)

Le plan ci-dessous, relevé et dessiné par l’auteur du site, montre le rez-de-chaussée et le premier étage ; il note ce qui a changé depuis Chateaubriand (la salle des Gardes, sa grand’salle, n’avait ni le mur ni les cheminées du milieu ; la petite cour intérieure, plus grande, englobait l’escalier qui la borde aujourd’hui). Les combles, avec le dernier étage des tours, viennent du plan publié en 1877 par l’architecte de la restauration, Ernest Trilhe, mis à la même échelle et dans le même sens ; les courtines n’y figurent pas.

Plan du château de Combourg : rez-de-chaussée, premier étage et combles, avec ce qui a changé depuis Chateaubriand (salle des Gardes, partagée aujourd'hui en salon et salle à manger ; petite cour ; cheminée qu'il a connue) et les pièces de la famille d'après les Mémoires : chambre du père dans la tour de l'Est, son cabinet dans la tour de l'Ouest, appartement de la mère et cabinet de Lucile au-dessus de la grand'salle, appartement de la reine Christine et, aux combles, la chambre de Chateaubriand au sommet de la tour du Chat
Plan du château de Combourg : rez-de-chaussée, premier étage et combles, avec ce qui a changé depuis Chateaubriand (salle des Gardes, partagée aujourd'hui en salon et salle à manger ; petite cour ; cheminée qu'il a connue) et les pièces de la famille d'après les Mémoires : chambre du père dans la tour de l'Est, son cabinet dans la tour de l'Ouest, appartement de la mère et cabinet de Lucile au-dessus de la grand'salle, appartement de la reine Christine et, aux combles, la chambre de Chateaubriand au sommet de la tour du Chat — relevé et dessin de Rémi Vernier, 2026 ; combles d'après Ernest Trilhe, Encyclopédie d'architecture, 1877, fig. 1 (domaine public)

Aux combles, au sommet des deux petites tours, une pièce ; celle de la tour du Chat (en haut à droite) est accolée à une tourelle d’escalier : c’est la disposition que décrivent les Mémoires, « au haut de la tourelle de l’escalier », et Guillotin de Corson (voir « La chambre présentée aujourd’hui et la véritable chambre »). L’article qui accompagne les planches de Trilhe note :

« On reconnaît à première vue la justesse d’observation de Chateaubriand, quand il dit que le château entier avait la figure d’un char à quatre roues. »

Encyclopédie d’architecture, 1877, p. 69.

« A mon retour de Brest, quatre maîtres (mon père, ma mère, ma soeur et moi) habitaient le château de Combourg. Une cuisinière, une femme de chambre, deux laquais et un cocher composaient tout le domestique […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 3. · Lire le passage

« L’appartement de ma mère régnait au−dessus de la grand’salle, entre les deux petites tours : il était parqueté et orné de glaces de Venise à facettes. Ma soeur habitait un cabinet dépendant de l’appartement de ma mère. La femme de chambre couchait loin de là, dans le corps de logis des grandes tours. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 3. · Lire le passage

« Moi, j’étais niché dans une espèce de cellule isolée, au haut de la tourelle de l’escalier qui communiquait de la cour intérieure aux diverses parties du château. Au bas de cet escalier, le valet de chambre de mon père et le domestique gisaient dans des caveaux voûtés, et la cuisinière tenait garnison dans la grosse tour de l’ouest. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 3. · Lire le passage

« Le soir, on les conduisait dans la tour du nord, à l’appartement de la reine Christine, chambre d’honneur occupée par un lit de sept pieds en tout sens […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 3. · Lire le passage

La vie au château

De 1777 à 1786, Combourg est la résidence de la famille. Les journées sont réglées par le père, maître taciturne :

« Mon père se levait à quatre heures du matin, hiver comme été […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 3. · Lire le passage

Les soirées d’automne et d’hiver dans la grand’salle sont la page la plus célèbre des Mémoires :

« […] ma mère se jetait, en soupirant, sur un vieux lit de jour de siamoise flambée ; on mettait devant elle un guéridon avec une bougie. Je m’asseyais auprès du feu avec Lucile ; les domestiques enlevaient le couvert et se retiraient. Mon père commençait alors une promenade, qui ne cessait qu’à l’heure de son coucher. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 3. · Lire le passage

« Il était vêtu d’une robe de ratine blanche, ou plutôt d’une espèce de manteau que je n’ai vu qu’à lui. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 3. · Lire le passage

« Lucile et moi, nous échangions quelques mots à voix basse, quand il était à l’autre bout de la salle ; nous nous taisions quand il se rapprochait de nous. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 3. · Lire le passage

« Une soirée d'hiver » à Combourg : Lucile et François-René près de la cheminée, la mère sur son lit de jour, le père qui passe dans sa robe de ratine blanche (Mémoires, livre III, chapitre 3)
« Une soirée d'hiver » à Combourg : Lucile et François-René près de la cheminée, la mère sur son lit de jour, le père qui passe dans sa robe de ratine blanche (Mémoires, livre III, chapitre 3) — Félix Philippoteaux (1815-1884) del., Mauduison fils sc., imp. Vve Sarazin, pour une édition illustrée des Mémoires d'outre-tombe (non identifiée) ; domaine public — reproduction : archives de Rémi Vernier

L’adolescent loge seul au haut d’une tourelle, celle qu’on appelle aujourd’hui la tour du Chat. C’est là qu’il vit ses « deux années de délire » (1784-1786), avec sa sylphide imaginaire, et qu’il tente de se tuer (voir « La chambre de la tour »).

La chambre de la tour : ce qu’en disent les Mémoires

De son retour de Brest (1783) à son départ pour Cambrai (1786), l’adolescent couche seul, au haut d’une tour, à l’écart du reste de la maison :

« […] je me retirais au haut de ma tourelle ; la cuisinière rentrait dans la grosse tour, et les domestiques descendaient dans leur souterrain. La fenêtre de mon donjon s’ouvrait sur la cour intérieure ; le jour, j’avais en perspective les créneaux de la courtine opposée, où végétaient des scolopendres et croissait un prunier sauvage. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 4. · Lire le passage

« Quelques martinets qui, durant l’été, s’enfonçaient en criant dans les trous des murs, étaient mes seuls compagnons. La nuit, je n’apercevais qu’un petit morceau du ciel et quelques étoiles. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 4. · Lire le passage

« Lorsque la lune brillait et qu’elle s’abaissait à l’occident, j’en étais averti par ses rayons, qui venaient à mon lit au travers des carreaux losangés de la fenêtre. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 4. · Lire le passage

« Des chouettes, voletant d’une tour à l’autre, passant et repassant entre la lune et moi, dessinaient sur mes rideaux l’ombre mobile de leurs ailes. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 4. · Lire le passage

« Quelquefois, le vent semblait courir à pas légers ; quelquefois il laissait échapper des plaintes ; tout à coup, ma porte était ébranlée avec violence, les souterrains poussaient des mugissements, puis ces bruits expiraient pour recommencer encore. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 4. · Lire le passage

Le père l’a voulu ainsi :

« L’entêtement du comte de Chateaubriand à faire coucher un enfant seul au haut d’une tour pouvait avoir quelque inconvénient ; mais il tourna à mon avantage. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 4. · Lire le passage

« Lorsque mon père me disait avec un sourire ironique : « Monsieur le chevalier aurait−il peur ? » il m’eût fait coucher avec un mort. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 4. · Lire le passage

L’inventaire de 1787, analysé par Georges Collas (1921), décrit cette chambre : apparemment pas de feu, un lit garni estimé 200 livres, une tapisserie, deux tables, un fauteuil. Collas la place dans la tour que l’on appelle aujourd’hui la tour du Chat (voir « En bref »).

La chapelle

La chapelle est à gauche du vestibule, au rez-de-chaussée (voir le plan) ; l’inventaire de 1787 l’y place déjà (Collas). L’abbé Chalmel la desservait et en gardait la clef en 1786. Dédiée à saint Martin en 1638, elle est encore en 1899 « telle qu’au siècle dernier » (Guillotin de Corson) :

« A droite de cette entrée est un salon, à gauche se trouve la chapelle. Celle-ci sombre et basse est telle qu’au siècle dernier; son ameublement seul est moderne. »

Abbé Guillotin de Corson, Combour : étude historique, 1899, p. 53-54. · Lire le passage

Les registres de Combourg, publiés par Guillotin de Corson, y montrent les mariages des trois sœurs aînées : fiançailles le 8 janvier 1780 et double mariage le 11, célébré par le recteur Malo-René Sévin, de Marie-Anne avec le comte de Marigny et de Bénigne avec le comte de Québriac ; puis, le 23 avril 1782, celui de Julie avec Annibal de Farcy. L’acte de 1780 se termine ainsi :

« […] ont reçu de moi soussigné recteur la bénédiction nuptiale dans la chapelle du château de Combour, témoins les soussignants […] »

Abbé Guillotin de Corson, Combour : étude historique, 1899, p. 118-119 (registre des mariages de Combourg, 11 janvier 1780). · Lire le passage

François-René, onze ans, signe deux fois au double mariage, « François de Chateaubriand » ; en 1782, « le chevalier de Chateaubriand ».

« Mes soeurs reçurent la bénédiction nuptiale à Combourg le même jour, à la même heure, au même autel, dans la chapelle du château. Elles pleuraient, ma mère pleurait ; je fus étonné de cette douleur : je la comprends aujourd’hui. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre II, chapitre 3. · Lire le passage

C’est la chapelle de la mère : chaque après-midi, quand le comte part pêcher ou chasser, elle s’y retire. Le comte y entend la messe toute l’année, sauf à Pâques :

« […] ma mère se retirait dans la chapelle, où elle passait quelques heures en prières. Cette chapelle était un oratoire sombre, embelli de bons tableaux des plus grands maîtres, qu’on se s’attendait guère à trouver dans un château féodal, au fond de la Bretagne. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 3. · Lire le passage

« J’ai aujourd’hui, en ma possession, une Sainte Famille de l’Albane, peinte sur cuivre, tirée de cette chapelle : c’est tout ce qui me reste de Combourg. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 3. · Lire le passage

« Mon père ne descendait qu’une fois l’an à la paroisse pour faire ses Pâques ; le reste de l’année, il entendait la messe à la chapelle du château. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 3. · Lire le passage

« Placés dans le banc du seigneur, nous recevions l’encens et les prières en face du sépulcre de marbre noir de Renée de Rohan, attenant à l’autel : image des honneurs de l’homme ; quelques grains d’encens devant un cercueil ! »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 3. · Lire le passage

La chapelle du château, à gauche du vestibule, avec son autel et ses prie-Dieu ; les trois sœurs aînées de Chateaubriand y furent mariées (1780 et 1782) (2026)
La chapelle du château, à gauche du vestibule, avec son autel et ses prie-Dieu ; les trois sœurs aînées de Chateaubriand y furent mariées (1780 et 1782) (2026) — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026

La jambe de bois et le chat noir

Les Mémoires rapportent, parmi « les traditions du château », une légende où paraît un chat noir :

« Les gens étaient persuadés qu’un certain comte de Combourg, à jambe de bois, mort depuis trois siècles, apparaissait à certaines époques, et qu’on l’avait rencontré dans le grand escalier de la tourelle ; sa jambe de bois se promenait aussi quelquefois seule avec un chat noir. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 3. · Lire le passage

Dans la chambre présentée aujourd’hui (voir plus bas), un dessin au lavis illustre le passage, recopié dessous à la main ; une momie de chat est exposée sous vitrine. Des sites de visite la disent trouvée dans un mur lors des travaux de restauration du XIXe siècle. L’abbé Guillotin de Corson la voit en 1899 dans la bibliothèque, et rattache le revenant à Malo de Coëtquen, qui perdit une jambe à Malplaquet et mourut à Combourg en 1727 :

« A côté se trouve une singulière relique, c’est sous verrine le squelette d’un chat trouvé dans la muraille de la tour du château portant encore le nom de tour du Chat. »

Abbé Guillotin de Corson, Combour : étude historique, 1899, p. 56. · Lire le passage

Dans la chambre de la tour du Chat : un dessin au lavis, signé « E. Mass… » (lecture incertaine), montre la jambe de bois et le chat noir dans un escalier de pierre ; dessous, le passage des Mémoires copié à la main (« les gens étaient persuadés qu'un comte de Combourg, à jambe de bois… ») avec la référence « 1er v., page 131 »
Dans la chambre de la tour du Chat : un dessin au lavis, signé « E. Mass… » (lecture incertaine), montre la jambe de bois et le chat noir dans un escalier de pierre ; dessous, le passage des Mémoires copié à la main (« les gens étaient persuadés qu'un comte de Combourg, à jambe de bois… ») avec la référence « 1er v., page 131 » — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026
Le chat momifié exposé dans la tour du Chat ; selon la tradition du château, il aurait été retrouvé emmuré (non vérifié). Les Mémoires racontent qu'un comte « à jambe de bois » revenait, accompagné d'« un chat noir » (2026)
Le chat momifié exposé dans la tour du Chat ; selon la tradition du château, il aurait été retrouvé emmuré (non vérifié). Les Mémoires racontent qu'un comte « à jambe de bois » revenait, accompagné d'« un chat noir » (2026) — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026

Les fêtes du comté

Le père fait revivre quelques droits féodaux « afin de prévenir la prescription » ; quand la famille est réunie, on assiste au Saut des poissonniers, à la Quintaine et à la foire de l’Angevine :

« La foire appelée l’Angevine se tenait dans la prairie de l’étang, le 4 septembre de chaque année, le jour de ma naissance. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre II, chapitre 2. · Lire le passage

« On ballait pendant trois jours : les maîtres, dans la grand−salle, au raclement d’un violon ; les vassaux, dans la Cour Verte, au nasillement d’une musette. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre II, chapitre 2. · Lire le passage

« […] du moins une fois l’an, on voyait à Combourg quelque chose qui ressemblait à de la joie. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre II, chapitre 2. · Lire le passage

« Ainsi, j’ai été placé assez singulièrement dans la vie pour avoir assisté aux courses de la Quintaine et à la proclamation des Droits de l’Homme […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre II, chapitre 2. · Lire le passage

Le comte meurt le 6 septembre 1786, deux jours après la foire de l’Angevine.

Lucile et la vocation

Dans le grand Mail, en promenade avec Lucile, il reçoit d’elle le conseil décisif : « Tu devrais peindre tout cela. » Combourg devient dans son œuvre le lieu même de la naissance du poète (voir aussi « Le départ (1786) et les trois retours »).

Le départ (1786) et les trois retours

En août 1786, le père lui remet son brevet de sous-lieutenant, cent louis et sa vieille épée, et le conduit lui-même au cabriolet qui l’attend dans la Cour Verte :

« Le postillon partit, tandis que je saluais des yeux ma mère et ma soeur qui fondaient en larmes sur le perron. Je remontai la chaussée de l’étang ; je vis les roseaux de mes hirondelles, le ruisseau du moulin et la prairie ; je jetai un regard sur le château. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 16. · Lire le passage

« Depuis cette époque, je n’ai revu Combourg que trois fois […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 16. · Lire le passage

après la mort du père, pour le partage (l’inventaire de mars 1787) ; avec sa mère, qui meublait le château pour Jean-Baptiste et sa jeune femme (hiver 1788-1789 selon Collas) ; enfin au début de 1791, en route pour l’Amérique :

« Le château était abandonné, je fus obligé de descendre chez le régisseur. Lorsque, en errant dans le grand Mail j’aperçus du fond d’une allée obscure le perron désert […] je me trouvai mal. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 16. · Lire le passage

« C’est dans les bois de Combourg que je suis devenu ce que je suis […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 16. · Lire le passage

Vu par Arthur Young (1788)

L’agronome anglais Arthur Young traverse Combourg pendant ses voyages en France ; la traduction française de 1793 donne :

« […] plus sales et les plus rudes que l’on puisse voir […] »

Arthur Young, Voyages en France, trad. Soulès, 1793 (cité par le catalogue de 1948). · Lire le passage dans Mémoires d'outre-tombe

Il s’étonne qu’un « M. de Chateaubriant » ait les nerfs assez solides pour habiter au milieu de tant de pauvreté.

Les inventaires du château (1786-1794)

Le père meurt au château le 6 septembre 1786. La famille se disperse ; la mère se retire à Saint-Malo. Le domaine revient au frère aîné, Jean-Baptiste, guillotiné en 1794 ; il passe ensuite à ses descendants, qui le possèdent toujours.

Les meubles, les chambres et jusqu’aux bêtes de l’écurie du Combourg de Chateaubriand sont connus par une série d’actes que Georges Collas a retrouvés en 1913 « dans les combles du palais de justice de Rennes », parmi les liasses non classées de la série B des Archives d’Ille-et-Vilaine (fonds du Présidial) : trois petits cahiers de papier timbré intitulés « Apposition de scellés et Inventaires de Combourg après le décès de M. de Chateaubriand, 1786-1787 », au rapport de Me Raphaël-François Labbé, notaire à Combourg. Ils comprennent :

12 septembre 1786 — six jours après la mort du comte, l’apposition des scellés au château. Le notaire n’y trouve que le beau-frère du défunt, le comte de Bédée, et trois domestiques. Il parcourt les tours, les chambres, les archives, la chambre du comte et son cabinet, où il enferme toutes les clefs, et scelle chaque porte d’une bande de papier timbré à la cire rouge. L’abbé Chalmel, qui dessert la chapelle, garde la clé de celle-ci et celle de la porte d’entrée. Le 23 septembre, l’inventaire de l’hôtel de la rue des Grands-Degrés, à Saint-Malo : Jean-Baptiste, héritier principal et noble selon la coutume de Bretagne, s’y oppose aux scellés, et sa mère produit leur donation mutuelle de 1753.

17 octobre 1786 — levée des scellés de la grande salle et inventaire de ses meubles, pour y installer une gardienne.

27 février – 13 mars 1787 — l’inventaire estimatif de tout ce que laisse le comte, au château et à Saint-Malo, en présence de la veuve, des fils, des filles et des gendres (voir l’entrée du journal La dernière réunion de famille à Combourg). Les archives (aveux des vassaux, procédures, comptes, papiers d’affaires) remplissent six grandes armoires ; Jean-Baptiste les garde sans inventaire. Le mobilier du château est estimé à environ 7 000 livres, le carrosse 600 livres, les douze fauteuils de la grande salle 30 livres ensemble ; aucun livre n’est inventorié.

La Révolution en ajoute d’autres, que Collas a trouvés dans la série Q (Q 287) : l’inventaire descriptif de mars et juin 1793, quand les biens de Jean-Baptiste sont saisis comme ceux d’un émigré ; l’inventaire estimatif des 1er-4 prairial an II (mai 1794), après son exécution, quand les titres féodaux sont brûlés ; la vente aux enchères des 23-28 prairial an II (11-16 juin 1794) ; et, en 1796, l’estimation du domaine par les experts de la République, qui dure dix-sept jours (voir « Le château vidé » ci-dessous).

Pour Collas, ces inventaires confirment presque toujours l’exactitude matérielle des Mémoires : la grande salle et son tableau de Troie, l’appartement de la mère, la chambre de la reine Christine, la chapelle à gauche du vestibule, le bateau de l’étang (retrouvé en 1793 dans l’écurie), l’horloge, les deux vieilles juments. Le texte des actes n’a pas été publié en entier ; Collas en donne l’analyse et de larges extraits dans les Annales de Bretagne (1921, en ligne sur Persée).

Le château vidé (1793-1794)

Les commissaires du district trouvent en mars 1793 la grande salle presque vide :

« […] deux grands landiers à pommettes, deux moyens chenets de fer, une petite table de jeu garnie d’un tapis vert, un sopha de coton flambé, vingt-quatre chaises paillées et, sur le manteau de la cheminée, un grand tableau représentant la prise de Troye […] »

Inventaire du 9 mars 1793 (Collas, 1921).

« […] presque tous les vitrages sont brisés tant à coups de pierres qu’à coups de fusils chargés à balles et à plomb […] »

Inventaire du 24 juin 1793 (Collas, 1921).

Dans le cabinet du comte, ils saisissent « une carte généalogique des Chasteau-Briand couverte d’armoiries » : l’arbre que les Mémoires placent sur le manteau de la cheminée.

« […] mon père ne coucha pas longtemps dans son linceul : il en fut jeté hors quand on jeta la vieille France à la voirie. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IV, chapitre 5. · Lire le passage

« […] qu’on dit avoir fait partie des bons patriotes qui déterrèrent et brûlèrent sur la place le corps du père de M. de Chateaubriand […] »

Lamennais à Benoît d’Azy, 29 janvier 1823, à propos de l’enregistreur de Combourg (cité par Collas, 1921).

Pendant la Terreur

« Il est dans notre petite ville un château vaste et étendu […] »

Comité de surveillance de Combourg, 2 novembre 1793 (catalogue de 1948).

« […] considérant que le château de Combourg est fort, qu’il est flanqué de quatre grosses tours […] »

District de Dol, 16 juillet 1794 (catalogue de 1948).

« La Révolution a passé là, c’est tout vous dire. »

Chateaubriand à Mme de Staël, 24 juin 1802 (catalogue de 1948).

Combourg en 1847, vu par Flaubert

En juillet 1847, un an avant la mort de Chateaubriand, Gustave Flaubert et Maxime Du Camp passent à Combourg. Le château, qui appartient au neveu de l’écrivain, n’est pas encore restauré. Les notes de Flaubert :

« […] pas de jardin, pas de parc ; on entre par une grande cour de ferme ; perron d’environ trente marches, tout droit, le perron de René […] »

Gustave Flaubert, notes du voyage en Bretagne, juillet 1847 (Par les champs et par les grèves, éd. Conard, 1910).

« Petite porte, cour étroite enfouie entre les murailles ; a l’air de la cour intérieure d’une prison. »

Gustave Flaubert, notes du voyage en Bretagne, juillet 1847 (Par les champs et par les grèves, éd. Conard, 1910).

« Grande salle au rez-de-chaussée, dite salle des Chevaliers, lambrissée, peinte en blanc ; énorme épaisseur des murs ; vue sur le lac et sur le bois dont le terrain remonte doucement en ondulant. »

Gustave Flaubert, notes du voyage en Bretagne, juillet 1847 (Par les champs et par les grèves, éd. Conard, 1910).

« […] ils ont volé dans le grand salon au plafond peint et dont la peinture tombe en écailles ; cheminée grande à écusson brisé. »

Gustave Flaubert, notes du voyage en Bretagne, juillet 1847 (Par les champs et par les grèves, éd. Conard, 1910).

« La route de Rennes a coupé le lac qui baignait jadis les pieds du château ; le lac se rétrécit, s’atterrit […] »

Gustave Flaubert, notes du voyage en Bretagne, juillet 1847 (Par les champs et par les grèves, éd. Conard, 1910).

Le soir, en face du château, ils lisent René dans une vieille édition du Génie du christianisme (1808) donnée par Mme de Marigny. Sur la chambre de l’enfant, voir plus bas.

L’intérieur restauré (1876)

Le château que l’on visite n’est plus celui de 1786. Au XIXe siècle, les descendants de Jean-Baptiste le restaurent et le redistribuent (en 1876, selon l’inscription latine peinte dans l’escalier d’honneur que relève Guillotin de Corson : le comte Geoffroy de Chateaubriand, petit-fils de Jean-Baptiste, et sa femme, Antoinette de Rochetaillée). La cour intérieure devient en partie un hall avec un escalier de bois sculpté ; la grand’salle est partagée en deux salons :

« De cette vaste salle on a enlevé les anciennes boiseries et les vieux portraits; puis l’on a divisé la pièce pour en former deux salons; les cheminées antiques, à larges manteaux, ont également disparu […] »

Abbé Guillotin de Corson, Combour : étude historique, 1899, p. 56-57. · Lire le passage

Le grand salon est peint des armes de France et de Châteaubriant, avec Alain III, duc de Bretagne, et Tihern, ancêtre des barons de Châteaubriant ; la cheminée de la salle à manger porte le buste de Françoise de Foix (Guillotin de Corson) :

L’Encyclopédie d’architecture publie en 1877 la restauration, conduite par l’architecte Trilhe pour le comte Geoffroy de Chateaubriand :

« […] après avoir été mutilé successivement sous Louis XIII et Louis XV, saccagé sous la Révolution et abandonné pendant près d’un siècle, le vieux Combourg apparaît de nouveau, debout sur son rocher […] »

Encyclopédie d’architecture, 1877, p. 69-70.

« Manoir de Combourg. Façade principale » : la courtine d'entrée entre la tour du Maure et la tour du Croisé, le perron et la porte
« Manoir de Combourg. Façade principale » : la courtine d'entrée entre la tour du Maure et la tour du Croisé, le perron et la porte — Trilhe, architecte, del. ; J. de Garron, sc. — Encyclopédie d'architecture, 2e série, t. VI, 1877, pl. 453 (Getty Research Institute, Internet Archive ; domaine public)

« Façade sud » du château, après la restauration de 1876
« Façade sud » du château, après la restauration de 1876 — Trilhe, architecte ; J. Sulpis, sc. — Encyclopédie d'architecture, 2e série, t. VI, 1877, pl. 417 (Getty Research Institute, Internet Archive ; domaine public)

« Coupe transversale » : les salles du château telles qu'elles étaient après la restauration de 1876
« Coupe transversale » : les salles du château telles qu'elles étaient après la restauration de 1876 — Trilhe, architecte, del. ; Boisset, sc. — Encyclopédie d'architecture, 2e série, t. VI, 1877, pl. 423 (Getty Research Institute, Internet Archive ; domaine public)

« Combourg (Ille-et-Vilaine). Intérieur du château. Le grand salon pris dans la salle des Gardes qui fut partagé en deux à la restauration du château » (carte postale, éditeur E. L. D., série « La Bretagne », n° 32, début du XXe siècle)
« Combourg (Ille-et-Vilaine). Intérieur du château. Le grand salon pris dans la salle des Gardes qui fut partagé en deux à la restauration du château » (carte postale, éditeur E. L. D., série « La Bretagne », n° 32, début du XXe siècle) — Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 6 FI COMBOURG/134

« Combourg (I.-et-V.). Intérieur du château. Grand salon » (carte postale n° 33, éditeur de Dinan, début du XXe siècle)
« Combourg (I.-et-V.). Intérieur du château. Grand salon » (carte postale n° 33, éditeur de Dinan, début du XXe siècle) — carte postale ancienne, éditeur dinannais (nom peu lisible) — numérisation cartorum.fr
« Combourg (I.-et-V.). Intérieur du château. La salle à manger. Buste de Françoise de Foix, de la famille de Chateaubriand. La salle à manger actuelle et le salon contigu formaient jadis l'ancienne salle des Gardes » (carte postale n° 3126, début du XXe siècle)
« Combourg (I.-et-V.). Intérieur du château. La salle à manger. Buste de Françoise de Foix, de la famille de Chateaubriand. La salle à manger actuelle et le salon contigu formaient jadis l'ancienne salle des Gardes » (carte postale n° 3126, début du XXe siècle) — carte postale ancienne, éditeur non nommé — numérisation cartorum.fr

Les Mémoires ne parlent pas de « salle des Gardes » ; leur grand’salle, à la fois salon et salle à manger selon Collas, est celle des soirées d’hiver de la famille (voir « Qui couchait où »).

Les tableaux : ce qu’ils sont devenus

Les Mémoires décrivent la grand’salle :

« La grand’salle était boisée, peinte en gris blanc et ornée de vieux portraits depuis le règne de François Ier jusqu’à celui de Louis XIV ; parmi ces portraits, on distinguait ceux de Condé et de Turenne : un tableau représentant Hector tué par Achille sous les murs de Troie, était suspendu au−dessus de la cheminée. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 3. · Lire le passage

Les inventaires publiés par Collas (1921) les suivent jusqu’à la Révolution : douze tableaux dans la grande salle le 17 octobre 1786 ; « dix tableaux prisés ensemble » 70 livres en 1787 ; en mars 1793, « sur le manteau de la cheminée, un grand tableau représentant la prise de Troye » (voir « Le château vidé »). À la vente de prairial an II (juin 1794), ce tableau ne trouve pas preneur ; les experts l’estiment 6 livres. Dans la chapelle, l’inventaire de 1793 compte

« […] huit petits cadres représentant différentes figures […] »

Inventaire de 1793, publié par Collas (1921), qui y reconnaît les « bons tableaux » des Mémoires.

Lors de la restauration de 1876, les boiseries et « les vieux portraits » de la grand’salle sont enlevés (Guillotin de Corson, voir « L’intérieur restauré (1876) ») ; en 1899, il signale encore des « portraits de famille » dans les chambres de l’étage, dont celui d’un guerrier du XVIe siècle dans la tour du Croisé, sans dire d’où ils viennent. Ce que sont devenus les portraits de Condé et de Turenne, le tableau d’Hector et Achille et les petits tableaux de la chapelle n’est dit par aucune des sources consultées, et aucune photographie n’en a été trouvée.

La Sainte Famille de l’Albane sur cuivre, que Chateaubriand avait gardée (voir « La chapelle »), n’a pas été retrouvée non plus : les Saintes Familles sur cuivre de l’Albane conservées dans les musées français (Grenoble, Besançon) ont une autre provenance d’après leurs notices.

La chambre présentée aujourd’hui et la véritable chambre

En 2026, des travaux contre la mérule ferment une partie du château, dont la véritable chambre de Chateaubriand, au haut de la tour. La chambre que l’on montre aux visiteurs est reconstituée au premier étage de la tour du Chat, dans la « chambre rouge » (voir le plan), qui n’a jamais été la sienne (constat de l’auteur du site lors de sa visite du 7 août 2026). On y présente le mobilier de la rue du Bac, où il mourut en 1848 : « sa table de travail, son fauteuil et le lit où il mourut en 1848, ainsi qu’un chat sculpté que lui offrit son amie, Juliette Récamier » (site Routes touristiques ; provenance non vérifiée sur un inventaire). Le lit de fer à rideaux blancs sous une couronne répond à la description que Victor Hugo fait du lit de mort, le 4 juillet 1848 (voir la fiche de Victor Hugo).

La « chambre rouge », au premier étage de la tour du Chat, où le château a reconstitué la chambre de Chateaubriand pendant les travaux : lit à rideaux blancs sous une couronne, table de travail, chat sculpté, buste ; ce n'a jamais été sa chambre (2026)
La « chambre rouge », au premier étage de la tour du Chat, où le château a reconstitué la chambre de Chateaubriand pendant les travaux : lit à rideaux blancs sous une couronne, table de travail, chat sculpté, buste ; ce n'a jamais été sa chambre (2026) — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026

La table de travail dans la chambre reconstituée (chambre rouge de la tour du Chat), avec l'écritoire, le chat sculpté et un portrait encadré (2026)
La table de travail dans la chambre reconstituée (chambre rouge de la tour du Chat), avec l'écritoire, le chat sculpté et un portrait encadré (2026) — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026
L'embrasure de la fenêtre de la chambre rouge de la tour du Chat, avec son banc de pierre, dans l'épaisseur du mur (2026)
L'embrasure de la fenêtre de la chambre rouge de la tour du Chat, avec son banc de pierre, dans l'épaisseur du mur (2026) — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026

La véritable chambre est celle de la carte postale du milieu du XXe siècle : un lit à baldaquin, un coffre, une peau de bête au sol, des portraits gravés (Archives d’Ille-et-Vilaine, 6 FI COMBOURG/148) :

« Château de Combourg (I.-et-V.). Chambre de Chateaubriand » : la chambre telle qu'on la montrait au milieu du XXe siècle (carte photographique à bord dentelé ; photographe non nommé)
« Château de Combourg (I.-et-V.). Chambre de Chateaubriand » : la chambre telle qu'on la montrait au milieu du XXe siècle (carte photographique à bord dentelé ; photographe non nommé) — Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 6 FI COMBOURG/148

En 1899, Guillotin de Corson y monte par le vieil escalier de pierre accolé à la tour du Chat :

« Cette chambre se trouve au sommet de la tour du Chat et l’on s’y rend par le vieil escalier de pierre accolé à cette tour. »

Abbé Guillotin de Corson, Combour : étude historique, 1899, p. 60. · Lire le passage

« D’une simplicité extrême, elle est parcimonieusement éclairée par deux étroites fenêtres donnant sur les créneaux. On y voit un petit lit de fer avec son armature semblable recouverte de rideaux en calicot blanc. »

Abbé Guillotin de Corson, Combour : étude historique, 1899, p. 61. · Lire le passage

Ce lit, dit-il, vient de l’infirmerie Marie-Thérèse ; on lui a rapporté que Chateaubriand s’y fit transporter pour mourir, ce qui est faux : il est mort chez lui, rue du Bac. Il y voit aussi un crucifix, un bénitier, un buste du comte de Chambord, un dessin de Chateaubriand sur son lit de mort, et une armoire et un coffre où sont rangées les archives du château. Une vitrine garde les décorations de l’écrivain et des pièces d’archives : les lettres du duc Pierre II de 1454, l’érection du comté en 1575, les preuves de noblesse de 1786 et le contrat de mariage de 1792. Le bureau et le fauteuil de la rue du Bac venaient d’être descendus dans la bibliothèque, dans la tour du Croisé.

La véritable chambre aujourd’hui : un petit lit de bois, un crucifix, un coffre, une vitrine posée sur une table, une fenêtre au fond d’une profonde embrasure et, par la porte, l’escalier de pierre de la tourelle. Le coffre et la vitrine répondent à ceux que voyait Guillotin de Corson en 1899 (voir plus bas). On y entre par une porte de bois à panneaux, en haut des marches de granit de la tourelle.

La véritable chambre de Chateaubriand, au sommet de la tour du Chat : le lit, le crucifix, le coffre, la vitrine, la fenêtre dans son embrasure et, par la porte, l'escalier de pierre de la tourelle
La véritable chambre de Chateaubriand, au sommet de la tour du Chat : le lit, le crucifix, le coffre, la vitrine, la fenêtre dans son embrasure et, par la porte, l'escalier de pierre de la tourelle — photo Rémi Vernier, château de Combourg
La porte de la véritable chambre, en haut de l'escalier de pierre de la tourelle accolée à la tour du Chat
La porte de la véritable chambre, en haut de l'escalier de pierre de la tourelle accolée à la tour du Chat — photo Rémi Vernier, château de Combourg

En 1847, Flaubert la situe depuis la petite cour :

« Au second, à gauche, cette petite fenêtre carrée sous le toit est celle de la chambre de Chateaubriand enfant. »

Gustave Flaubert, notes du voyage en Bretagne, juillet 1847 (Par les champs et par les grèves, éd. Conard, 1910).

« C’est une petite porte en bois avec des rainures et des carrés ; la pièce est petite, basse, donnant sur le couchant, mais la vue est bouchée par la courtine d’en face. »

Gustave Flaubert, notes du voyage en Bretagne, juillet 1847 (Par les champs et par les grèves, éd. Conard, 1910).

Le propriétaire, ajoute-t-il, a fait effacer des vers qu’on avait écrits sur la porte. L’inventaire de 1787 nomme déjà une « chambre rouge », garnie d’un lit de satin cramoisi (Collas) ; rien ne dit que ce soit celle qui porte ce nom aujourd’hui.

Une vitrine de cette chambre gardait alors des archives de la famille, parmi lesquelles deux copies de quatre chapitres retranchés des Mémoires (la « Digression philosophique », 1822), l’une de la main du secrétaire Pilorge, corrigée par l’auteur ; la comtesse de Durfort, née Chateaubriand, les présenta à la Société Chateaubriand le 16 juin 1937, et elles furent publiées en 1947 sous le titre Incidences (Georges Collas, compte rendu, Annales de Bretagne, 1948).

La même chambre montrait alors une terre cuite des Bergers d’Arcadie de Poussin, le tableau que Chateaubriand fit reproduire en bas-relief sur le tombeau du peintre à Saint-Laurent-in-Lucina (1829-1831) ; le docteur Le Savoureux, président de la Société Chateaubriand, la croyait l’un des objets qui l’avaient suivi jusqu’à sa mort (Collas, « Chateaubriand à Rome », 1935).

Chronologie des séjours

DateCe qui s’y passe
1761Achat du comté de Combourg par René-Auguste de Chateaubriand.
printemps 1777Premier séjour : « Quinze jours s’étaient à peine écoulés » quand l’abbé Porcher l’emmène au collège de Dol (livre I, chapitre 7 ; livre II).
1777-1781Vacances d’été à Combourg pendant les années de Dol (livre II).
1783Retour de Brest, puis collège de Dinan (livre III, chapitre 2).
1784 – 1786Les « deux années de délire » ; la vie à quatre maîtres (livre III).
août 1786Départ pour Cambrai.
6 septembre 1786Le père meurt d’apoplexie au château, « environ les huit heures du soir », en l’absence des siens ; inhumé le 8 dans l’enfeu seigneurial ; scellés le 12 (Collas).
27 février – 13 mars 1787Inventaire du château en présence de toute la famille : la dernière réunion des Chateaubriand à Combourg (Collas).
janvier 1791Dernier passage en allant à Saint-Malo s’embarquer pour l’Amérique (livre V, chapitre 15).
2 juillet 1791La municipalité appose les scellés sur les portes extérieures (Collas).
mars – juin 1793Inventaires révolutionnaires ; Jean-Baptiste fait lever le séquestre en prouvant qu’il n’a pas émigré (Collas).
20 mai – 16 juin 1794Après l’exécution de Jean-Baptiste, inventaire « au compte de la nation », puis vente du mobilier (1er-28 prairial an II) (Collas).
juillet 1796Expertise de la terre pour racheter à la République la part de l’émigré François-René ; le domaine revient aux enfants de Jean-Baptiste (Collas).

Ce qu’en ont écrit d’autres

« Quatre grosses tours, rejointes par des courtines, laissent voir sous leur toit pointu les trous de leurs créneaux qui ressemblent aux sabords d’un navire ; et les meurtrières dans les tours, ainsi que sur le corps du château de petites fenêtres irrégulièrement percées font des baies noires inégales sur la couleur grise des pierres. »

Gustave Flaubert, Par les champs et par les grèves, voyage en Bretagne de 1847 (Wikisource).

Sources et documents

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 7 ; livres II à V
Anatole France, Lucile de Chateaubriand, 1879 (Combourg vu du côté de Lucile) (lire sur le site · Internet Archive)
Georges Collas, René-Auguste de Chateaubriand, comte de Combourg, 1949
Mémoires d’outre-tombe, nouvelle édition avec une introduction, des notes et des appendices par Edmond Biré, Paris, Garnier, 6 vol. (1898-1900, rééd. 1910) (lire sur le site · Internet Archive)
Georges Collas, « Dix ans au château de Combourg (1786-1796), d’après des documents inédits », Annales de Bretagne, t. 35, 1921, p. 1-31 et 268-299 (inventaires de 1786-1787, de 1793 et de l’an II ; faits seulement) (lire en ligne)
Chateaubriand, 1768-1848. Exposition du centenaire, Paris, Bibliothèque nationale, 1948 (catalogue ; faits seulement) (lire en ligne)
Abbé Amédée Guillotin de Corson, Combour : étude historique, Rennes, Plihon et Hervé, 1899 (lire sur le site · Internet Archive)
« Manoir de Combourg (Ille-et-Vilaine) », Encyclopédie d’architecture, 2e série, t. VI, 1877, p. 67-70 et pl. 417, 423, 431, 453 (Trilhe, architecte) (lire en ligne)
Gustave Flaubert, Par les champs et par les grèves (notes de juillet 1847), éd. Conard, 1910 (lire en ligne)

Combourg château
Combourg château — Marque du Domaine Public, Collection Musée de Bretagne / Ecomusée de la Bintinais
Combourg château
Combourg château — Marque du Domaine Public, Collection Musée de Bretagne / Ecomusée de la Bintinais
Combourg château et étang
Combourg château et étang — Marque du Domaine Public, Collection Musée de Bretagne / Ecomusée de la Bintinais
Combourg château et étang
Combourg château et étang — Licence CC-BY-NC-ND, Collection Musée de Bretagne / Ecomusée de la Bintinais
Combourg château
Combourg château — Licence CC-BY-NC-ND, Collection Musée de Bretagne / Ecomusée de la Bintinais
Combourg château
Combourg château — Licence CC-BY-NC-ND, Collection Musée de Bretagne / Ecomusée de la Bintinais
Combourg intérieur du château
Combourg intérieur du château — Licence CC-BY-NC-ND, Collection Musée de Bretagne / Ecomusée de la Bintinais
Le château de Combourg vu du parc, entre la grosse tour et la tour du Chat (2026)
Le château de Combourg vu du parc, entre la grosse tour et la tour du Chat (2026) — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026
Les tours et le corps de logis côté cour ; les noms actuels des tours datent du XIXe siècle (Collas) (2026)
Les tours et le corps de logis côté cour ; les noms actuels des tours datent du XIXe siècle (Collas) (2026) — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026
Du chemin de ronde, la vue sur l'étang et le bourg de Combourg (2026)
Du chemin de ronde, la vue sur l'étang et le bourg de Combourg (2026) — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026
Le chemin de ronde couvert, le long des créneaux de la courtine (2026)
Le chemin de ronde couvert, le long des créneaux de la courtine (2026) — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026
Le bureau de la chambre de la tour du Chat, avec une statuette de chat noir, allusion au revenant de Combourg (2026)
Le bureau de la chambre de la tour du Chat, avec une statuette de chat noir, allusion au revenant de Combourg (2026) — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026
Une voiture attelée armoriée conservée dans les communs (époque et provenance non vérifiées ; ce n'est pas le carrosse de 1786, vendu à la Révolution) (2026)
Une voiture attelée armoriée conservée dans les communs (époque et provenance non vérifiées ; ce n'est pas le carrosse de 1786, vendu à la Révolution) (2026) — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026
Le chat sculpté, sur la table de travail de la chambre de la tour du Chat, à Combourg ; derrière lui, les montants de fer du lit (2026). Selon la présentation du château, rapportée par le site Routes touristiques, la pièce garde le mobilier du dernier logement de Chateaubriand, au 120, rue du Bac : « sa table de travail, son fauteuil et le lit où il mourut en 1848, ainsi qu'un chat sculpté que lui offrit son amie, Juliette Récamier »
Le chat sculpté, sur la table de travail de la chambre de la tour du Chat, à Combourg ; derrière lui, les montants de fer du lit (2026). Selon la présentation du château, rapportée par le site Routes touristiques, la pièce garde le mobilier du dernier logement de Chateaubriand, au 120, rue du Bac : « sa table de travail, son fauteuil et le lit où il mourut en 1848, ainsi qu'un chat sculpté que lui offrit son amie, Juliette Récamier » — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026
Dans un angle de la chambre de la tour du Chat, à Combourg, des boîtes blanches à poignées, empilées (2026). Aucun cartel ne dit ce qu'elles sont ni d'où elles viennent. Victor Hugo vit au pied du lit de la rue du Bac « deux caisses de bois blanc posées l'une sur l'autre », dont la plus grande contenait le manuscrit des Mémoires
Dans un angle de la chambre de la tour du Chat, à Combourg, des boîtes blanches à poignées, empilées (2026). Aucun cartel ne dit ce qu'elles sont ni d'où elles viennent. Victor Hugo vit au pied du lit de la rue du Bac « deux caisses de bois blanc posées l'une sur l'autre », dont la plus grande contenait le manuscrit des Mémoires — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026
Reconnaissance de dette autographe : « J'ai reçu de Monsieur Bayard [?] la somme de dix mille cinq cents francs que je m'engage à lui rendre le quinze septembre […] mil huit cent trente quatre », signée « Chateaubriand », Paris, [26 ?] août ; en marge « f. 10,500 » (château de Combourg ; transcription d'après la photographie). Le cartel la date de 1824 ; l'échéance, écrite en toutes lettres, est de 1834
Reconnaissance de dette autographe : « J'ai reçu de Monsieur Bayard [?] la somme de dix mille cinq cents francs que je m'engage à lui rendre le quinze septembre […] mil huit cent trente quatre », signée « Chateaubriand », Paris, [26 ?] août ; en marge « f. 10,500 » (château de Combourg ; transcription d'après la photographie). Le cartel la date de 1824 ; l'échéance, écrite en toutes lettres, est de 1834 — photo Rémi Vernier, château de Combourg, 7 août 2026
La « croix de Lucile » aujourd'hui, dans le parc du château de Combourg (photo 2019)
La « croix de Lucile » aujourd'hui, dans le parc du château de Combourg (photo 2019) — Patrbe — Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
Château de Combourg résidence de Chateaubriand
Château de Combourg résidence de Chateaubriand — Champin Jean-Jacques, Marque du Domaine Public, Collection Musée de Bretagne / Ecomusée de la Bintinais

Quand il y vécut ou séjourna

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