Lettres de Madame Récamier à sa nièce (suite)
[Mme Récamier] → [Mme Lenormant], 11 mai 1829
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Michel Lévy frères, 1874, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
« 11 mai 1829.
« Je me hâte, pauvre chère enfant, de t'envoyer cette lettre que la fatalité fait passer ici avant de t'arriver. La situation où tu te trouves, cette cruelle incertitude, cet isolement, tout cela me désole. J'ai aussi bien des inquiétudes du côté de Rome. Le duc de Laval a refusé, mais qui nommera-t-on? M. de Chateaubriand attend. Sa femme arrive dans peu de jours. M. Récamier est à merveille; j'ai été bien souffrante, cela va un peu mieux, mais je n'aurai pas un moment de repos tant que je te saurai dans ces incertitudes. Nous parlons sans cesse de toi et nous allons nous arranger pour te faire arriver une lettre tous les jours. Prends courage, chère enfant de mon cœur, et pense au moment où nous nous retrouverons tous. Je ne puis te donner de conseils puisque ton sort dépend de la réponse de ton mari, j'espère qu'il se rendra à la raison parfaite de ta lettre. Il s'agit alors de savoir si tu te rendrais à Zante ou si tu nous reviendrais et tu juges avec quelle inquiétude nous attendons cette décision. »