Ambassadeur à Madrid, à Rome puis à Vienne et à Londres, cousin de Mathieu de Montmorency et adorateur de Mme Récamier. Chateaubriand lui succède à Rome en 1828.
En bref
| Naissance | Paris, 29 octobre 1768 (Wikidata ; Pailhès) ; 19 octobre 1767 selon Mme Lenormant et Biré. |
|---|---|
| Mort | Paris, 16 juin 1837 (Mme Lenormant, Biré, Wikidata ; le 6 juin selon Pailhès) ; inhumé à Picpus selon Wikipédia. |
| Sépulture | cimetière de Picpus |
| Famille | Fils aîné du duc de Laval (mort en 1817), cousin germain de Mathieu de Montmorency. Marié en mai 1788 (le 14 ou le 19) à Bonne-Charlotte de Montmorency-Luxembourg (morte le 6 septembre 1840) ; trois enfants : Henri (1796-1819), Charlotte (Mme de Lévis-Mirepoix), Pauline (Mme de Couronnel) (Pailhès). |
| Carrière | Émigré (armée de Condé, Angleterre) ; prince de Laval en 1814, ambassadeur à Madrid (1814), à Rome (1821 ou 1822-1828), à Vienne (1828), à Londres (septembre 1829-1830) ; pair de France le 18 janvier 1820 ; refuse les Affaires étrangères en 1829 ; quitte l’ambassade et la pairie en 1830 (Mme Lenormant, Biré). |
| Lien | Le plus ancien adorateur de Mme Récamier (« la plus ancienne de vos amitiés ») ; rival de Chateaubriand pour l’ambassade de Londres en 1821-1822, puis son ambassadeur à Rome quand Chateaubriand est ministre (1823-1824) ; Chateaubriand lui succède à Rome en 1828. |
| 1802 | Mme de Staël lui confie son premier jugement sur le Génie du christianisme : « Cela va tomber à plat ! » (Mémoires, livre XIII, chapitre 10). |
| 1811 | Actionnaire, avec sa femme et Mme de Duras, de la société qui paie les dettes de Chateaubriand. |
| 1823-1825 | Ambassadeur à Rome, il reçoit Mme Récamier et lui offre la louve de bronze ; le conclave de 1823 élit Léon XII. |
| Dans les Mémoires | 14 mentions (relevé automatique) : livres XIII (10) ; XXII (23) ; XXVIII (16) ; XXX (1, 3, 5, 10) ; XXXI (3) ; livre « Madame Récamier ». |
| Référence | Wikidata Q2850743 |
| Correspondance | 27 lettres dans la Correspondance (23 écrites, 4 reçues). |
Un Montmorency (1768-1789)

Anne-Adrien-Pierre de Montmorency naît à Paris le 29 octobre 1768 (Wikidata ; Pailhès) ; Mme Lenormant et Biré le font naître le 19 octobre 1767. Il est le fils aîné du duc de Laval, dont Mme de Boigne, qui l’a connu, rapporte les « balourdises » :
« On a comparé son esprit à une lanterne sourde qui n’éclairait qu’en dedans; cela est assez ingénieux car, s’il a dit beaucoup de balourdises, il n’a jamais fait une sottise. »
Mme de Boigne, Récits d’une tante, t. I (écrits vers 1835, publiés en 1907) (sur le duc de Laval, son père).
D’abord destiné à l’Église, il entre dans l’armée à la mort de son frère aîné (Wikipédia). En mai 1788 (le 14 selon l’éditeur des Cahiers de Mme de Chateaubriand, le 19 selon Pailhès), il épouse sa cousine Bonne-Charlotte de Montmorency-Luxembourg. Mathieu de Montmorency, son cousin germain, sera toute sa vie son ami le plus proche :
« […] ils étaient cousins germains, peu différents d’âge, et eurent, dès l’enfance, l’un pour l’autre la plus intime et la plus inaltérable amitié; rien n’était pourtant moins semblable que leurs caractères. »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. I. · Lire le passage
L’émigration (1789-1799)
« Adrien de Montmorency n’avait point eu de rôle politique lorsqu’il émigra; il servit quelque temps dans l’armée de Condé; après quoi il passa en Angleterre. »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. I. · Lire le passage
Son fils Henri, l’héritier du nom, naît le 13 janvier 1796 (Pailhès ; le 15 selon Wikipédia) ; deux filles suivront, Charlotte (mariée en 1817 au marquis de Lévis-Mirepoix) et Pauline (mariée en 1828 au marquis de Couronnel) (Pailhès). En Angleterre, il connaît Elizabeth Foster, la future duchesse de Devonshire, qu’il retrouvera à Rome :
« Elle voyait sans cesse le duc de Laval, qu’elle avait connu en Angleterre pendant l’émigration […] »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
Chez Mme Récamier (1799-1806)
Rentré en France, il est le premier des deux cousins que Mme Récamier connaît, en 1799-1800 :


« Il avait alors trente ans; il était grand, blond, svelte, et avait à la fois dans la tournure de l’élégance et de la gaucherie; sa vue était très-basse, et une sorte de bégaiement ou d’hésitation dans la parole nuisait auprès de bien des gens à sa réputation d’esprit. Il en avait pourtant; il aimait la lecture, et jouissait vivement du plaisir d’une conversation animée, dans laquelle il apportait un contingent plein de finesse et de bonne grâce. Il y avait chez lui plus d’imagination que de sensibilité. »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. I. · Lire le passage
« Généreux et chevaleresque, sincèrement chrétien, mais de nature un peu mobile, d’une droiture extrême et d’une loyauté parfaite […] »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. I. · Lire le passage
Mme de Staël, son amie, l’appelait l’« arbitre du goût et des bonnes manières » (cité par Biré) ; elle écrit à Juliette, alors qu’elle achève Delphine (Biré) :
« De tous vos adorateurs vous savez que je préfère Adrien de Montmorency. J’ai reçu de ses lettres, remarquables par l’esprit et la grâce, et je crois à la solidité de ses affections, malgré le charme de ses manières. »
Mme de Staël à Mme Récamier, citée dans Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre « Madame Récamier » (version de 1839, donnée en appendice). · Lire le passage
C’est à lui qu’elle confie, en 1802, sa première impression du Génie du christianisme :
« […] elle passa ses doigts entre les feuillets, tomba sur le chapitre la Virginité, et elle dit à M. Adrien de Montmorency, qui se trouvait avec elle : « Ah ! mon Dieu ! notre pauvre Chateaubriand ! Cela va tomber à plat ! » […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 10. · Lire le passage
Sa famille possédait Fervacques, en Normandie : le duc de Montmorency-Laval et sa sœur la duchesse de Luynes (le père et la tante d’Adrien) le vendent le 27 octobre 1803 à Mme de Custine, où Chateaubriand séjournera (Biré).

Coppet, Fossé, Aix (1807-1811)
Il fréquente Coppet et les séjours d’exil de Mme de Staël. Elle écrit de Coppet à Mme Récamier :
« Adrien et Mathieu disent qu’ils viendront. »
Mme de Staël à Mme Récamier, Coppet, 30 avril, citée dans Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre « Madame Récamier » (version de 1839, donnée en appendice). · Lire le passage

En 1808, il est mêlé avec son cousin à un projet d’évasion des princes d’Espagne, internés à Valençay :
« Quelques gentilshommes français, au nombre desquels il faut mettre MM. Adrien et Mathieu de Montmorency, conçurent l’idée de faire évader ces princes. »
Amélie Lenormant, Madame Récamier, les amis de sa jeunesse et sa correspondance intime, 1874. · Lire le passage
En 1810, près de Blois, dans « le château de Catherine de Médicis », Mme de Staël fait dire à Juliette qu’elle espère « M. Adrien » :
« […] j’ose me flatter de le voir et que je m’adresse à vous et à Mathieu pour appuyer mon désir. »
Mme de Staël à Mme Récamier, [1810], Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. I. · Lire le passage
La colonie passe ensuite à Fossé :
« Après ces heureuses semaines qui avaient une fois encore réuni autour de Mme de Staël Adrien et Mathieu de Montmorency, le comte Elzéar de Sabran, M. de Barante, le comte de Balk, Benjamin Constant et Mme Récamier […] »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. I. · Lire le passage
Aux eaux d’Aix, en Savoie (l’été de 1810 selon Mme Lenormant ; 1809 d’après une lettre de Laval lui-même, de 1830), Mme de Boigne fait route avec eux :
« Nous montâmes, pour retourner à Aix, dans la berline de madame de Staël, elle, madame Récamier, Benjamin Constant, Adrien de Montmorency, Albertine de Staël et moi. Il survint un orage épouvantable […] »
Mme de Boigne, Récits d’une tante, t. I (écrits vers 1835, publiés en 1907).
En 1811, quand Mathieu de Montmorency et Mme Récamier sont exilés pour être allés à Coppet :
« Mathieu de Montmorency se dirigea vers Lyon, Adrien l’y accompagna pour reprendre ensuite la route du Nord […] »
Amélie Lenormant, Madame Récamier, les amis de sa jeunesse et sa correspondance intime, 1874. · Lire le passage
« Je suis tout naturellement par cœur et par honneur le frère de ceux qui souffrent. Mais vous, dont j’ai été l’ami dans les jours de toutes vos prospérités de la plus charmante et enivrante jeunesse, vous abandonnerais-je quand j’ai encore mon indépendance? »
Adrien de Montmorency à Mme Récamier, jeudi 10 octobre 1811, Amélie Lenormant, Madame Récamier, les amis de sa jeunesse et sa correspondance intime, 1874. · Lire le passage
Mme de Boigne, qui le voit à Paris, s’en plaint à l’exilée :
« […] vous savez comme ses réponses sont peu satisfaisantes, comme il est distrait même sur les choses qui l’intéressent le plus […] »
Mme de Boigne à Mme Récamier, 15 octobre 1811, Amélie Lenormant, Madame Récamier, les amis de sa jeunesse et sa correspondance intime, 1874. · Lire le passage
« Adrien de Montmorency soignait fort amicalement les prisonniers de Vincennes. »
Mme de Boigne, Récits d’une tante, t. I (écrits vers 1835, publiés en 1907).
La « société » de 1811 et Ussé (1811-1812)
Pour payer les dettes de Chateaubriand, Mme de Duras réunit en 1811 des actionnaires qui lui garantissent une rente sur ses œuvres ; les
« […] premiers souscripteurs furent, avec la duchesse de Duras, Adrien de Montmorency et son aimable femme […] »
Edmond Biré, note des Mémoires d’outre-tombe, t. III. · Lire le passage
Chateaubriand en écrit à la duchesse, de juin à septembre 1811 :
« Il est mille fois trop bon et vous aussi. Je vous donne bien volontiers ma procuration à tous les deux et à lui en particulier pour arranger les choses comme vous l’entendrez. »
Chateaubriand à la duchesse de Duras, [au Mesnil], 21 juin [1811] (catalogue de vente « La duchesse de Duras et ses amis, Chateaubriand », Pierre Bergé & associés, 2013).
« Notre affaire s’arrangera. Mais j’attends toujours le dernier mot de la Rus[sie], car il ne faut pas quand on le peut, être à charge à ses amis. »
Chateaubriand à la duchesse de Duras, 15 juillet 1811 (catalogue de vente « La duchesse de Duras et ses amis, Chateaubriand », Pierre Bergé & associés, 2013).
Dans la même lettre, une pointe de jalousie : Adrien fréquente la rue Cerutti, c’est-à-dire Natalie de Noailles, que Chateaubriand a retrouvée en Espagne au retour de Jérusalem :
« Adrien vient dîner ici mardi. Il va beaucoup dans la rue Cer. et il n’a pas passé par Jérusalem. Si cela est je voudrois qu’il me fît moins de caresses. »
Chateaubriand à la duchesse de Duras, 15 juillet 1811 (catalogue de vente « La duchesse de Duras et ses amis, Chateaubriand », Pierre Bergé & associés, 2013).
Mme Adrien de Montmorency « a pris tant de part à cet arrangement » :
« Vous savez combien je la trouve aimable ; elle a une grâce à elle ; et je me suis figuré qu’il y avoit dans le siècle de Louis XIV des femmes qui devoient lui ressembler. »
Chateaubriand à la duchesse de Duras, 10 août 1811 (catalogue de vente « La duchesse de Duras et ses amis, Chateaubriand », Pierre Bergé & associés, 2013).
« […] tout est prêt pour la signature de notre arrangement. »
Chateaubriand à la duchesse de Duras, la Vallée, 4 septembre 1811 (catalogue de vente « La duchesse de Duras et ses amis, Chateaubriand », Pierre Bergé & associés, 2013).
L’été suivant, il est l’hôte de Mme de Duras au château d’Ussé, en Touraine :
« Adrien est toujours ici, avec sa famille, depuis le 15 de mai. Nous lisons. »
Mme de Duras à Rosalie de Constant, Ussé, 7 juin 1812, citée par Gabriel Pailhès, La Duchesse de Duras et Chateaubriand, 1910. · Lire le passage

Prince de Laval, ambassadeur à Madrid (1814-1819)
En 1814, il est parmi les rares royalistes déclarés :
« Combien comptait-on d’aristocrates avoués proclamant le nom du Roi ? MM. Matthieu et Adrien de Montmorency, MM. de Polignac, échappés de leur geôle, M. Alexis de Noailles, M. Sosthène de La Rochefoucauld. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXII, chapitre 23. · Lire le passage
Louis XVIII le fait prince de Laval (Wikipédia) et l’envoie à Madrid :
« Adrien de Montmorency, prince de Laval, était nommé ambassadeur à Madrid. »
note de Amélie Lenormant, Madame Récamier, les amis de sa jeunesse et sa correspondance intime, 1874. · Lire le passage
Le roi d’Espagne lui donne la Toison d’or et le titre de duc de San Fernando Luis (Wikipédia). Son père meurt en 1817 (Wikipédia) : il devient duc de Laval, et prend son siège héréditaire à la Chambre des pairs le 18 janvier 1820 (Biré). Le 14 juillet 1817, c’est lui qui annonce à Mme Récamier la mort de Mme de Staël :
« Le 14 juillet vers midi, le duc de Laval (Adrien de Montmorency) et sa tante, la duchesse de Luynes, arrivèrent au pavillon de La Vallière. »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. I. · Lire le passage
« Je suis bouleversé! J’ai absolument besoin de solitude, je ne veux voir que toi, et te parler de Mme Récamier. »
Mathieu de Montmorency à son cousin Adrien, 14 juillet 1817, Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. I. · Lire le passage
Son fils Henri fréquente aussi l’Abbaye :
« On voyait alors à la fois, dans le salon de Mme Récamier, trois générations de Montmorency-Laval: le vieux duc encore vivant, Adrien de Montmorency, prince de Laval, son fils, et Henri de Montmorency son petit-fils, aimable, bon et loyal jeune homme qui faisait son entrée dans le monde […] »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. I. · Lire le passage
« Ils n’en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. »
Adrien de Montmorency, sur l’admiration de son fils pour Mme Récamier, cité par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. I. · Lire le passage
Henri meurt en 1819, à Naples selon Mme Lenormant (en juin selon Mme Lenormant et Biré, le 7 août selon Pailhès) :
« […] lorsque les arrêts de la Providence lui ravirent le fils héritier de ce grand nom, il souffrit dans son orgueil de race autant que dans sa tendresse de père. »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. I. · Lire le passage
« Il a eu le malheur de perdre son fils unique, le dernier de cette branche de Montmorency-Laval. »
Mme de Boigne, Récits d’une tante, t. I (écrits vers 1835, publiés en 1907).
Cinq ans plus tard, Mathieu le trouve toujours :
« […] ce pauvre Adrien, que je retrouve d’un commerce bien doux et bien agréable, avec qui je n’ai jamais été plus parfaitement d’accord, sur vous en particulier, mais qui conserve toujours la profonde et naturelle impression d’une ineffaçable douleur. »
Mathieu de Montmorency à Mme Récamier, la Vallée-aux-Loups, 21 juillet 1824, Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
Londres ou Rome ? (1821-1822)

Quand Mathieu de Montmorency devient ministre des Affaires étrangères (décembre 1821), son cousin et Chateaubriand se disputent l’ambassade de Londres. Chateaubriand à Mme de Duras :
« J’ai acquis la certitude qu’Adrien [de Montmorency] n’est pas nommé […] »
Chateaubriand à la duchesse de Duras, [1821], cité par Gabriel Pailhès, La Duchesse de Duras et Chateaubriand, 1910. · Lire le passage
« N’est-il pas clair que Mathieu doit nommer Adrien de préférence à moi ? »
Chateaubriand à la duchesse de Duras, [janvier 1822], cité par Gabriel Pailhès, La Duchesse de Duras et Chateaubriand, 1910. · Lire le passage
Mme de Chateaubriand écrit dans son Cahier vert que Montmorency « fit tout ce qu’il put » pour y nommer son cousin ; l’éditeur des Cahiers répond, d’après Herriot et les Mémoires de Villèle, que Montmorency voulait Laval à Naples et non à Londres. Chateaubriand obtient Londres ; de là, il soupçonne Adrien de nourrir les jalousies de Mme de Duras :
« Je vous ai priée, je crois, de vous méfier un peu d’Adrien, qui aime les tracasseries et qui vit de petites choses. »
Chateaubriand à Mme Récamier, Londres, 24 mai [1822], cité par Gabriel Pailhès, La Duchesse de Duras et Chateaubriand, 1910. · Lire le passage
« Je suis très-mécontent d’Adrien, sa vanité blessée l’a rendu méchant; je me repens d’avoir été si bien pour lui; je sais qu’il fait cent paquets et cent tripotages. »
Chateaubriand à Mme Récamier, Londres, juin 1822, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. I. · Lire le passage
En juin 1822, le duc de Blacas quitte l’ambassade de Rome :
« […] il m’avait été aisé de deviner que le duc de Laval le remplacerait. »
Chateaubriand à Mme Récamier, Londres, 23 juin 1822, Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. I. · Lire le passage
En route pour l’Italie, Laval taquine Mme Récamier sur le rendez-vous de Chantilly, qu’il a deviné (Pailhès, d’après les originaux publiés par Herriot) :
« Vous faites sûrement quelques courses à la ville pour y voir l’homme de la forêt de Chantilly. »
Adrien de Montmorency à Mme Récamier, Parme, 20 septembre 1822, cité par Gabriel Pailhès, La Duchesse de Duras et Chateaubriand, 1910. · Lire le passage
Ambassadeur à Rome (1822-1828)
Après le congrès de Vérone, Chateaubriand remplace Montmorency aux Affaires étrangères et devient le ministre de Laval. Celui-ci à Mme Récamier, partagée entre ses deux amis :
« Votre situation est sans doute une des plus complexes, des plus bizarres et des plus difficiles que je connaisse; mais je suis sûr que vous vous tirez d’affaire avec un naturel admirable, enfin que votre amitié ne blesse personne, et que tout le monde est content […] »
Le duc de Laval à Mme Récamier, Rome, 12 février 1823, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage

Pie VII se brise le col du fémur le 6 juillet 1823 (Egger) ; le 19 août, Laval écrit :
« Nous sommes ici dans les plus tristes agitations. Le pape est expirant, et j’attends à chaque instant la nouvelle de son dernier soupir pour expédier mon courrier. »
Le duc de Laval à Mme Récamier, Rome, 19 août 1823, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
Chateaubriand ne l’oublie pas : six ans plus tard, ambassadeur à son tour pendant un conclave, il écrit :
« Vous savez que le duc de Laval ne m’apprit la mort de Pie VII, que lorsque j’en avais déjà la nouvelle par M. de La Tour-du-Pin. Je fus obligé de le gronder. »
Chateaubriand à Mme Récamier, Rome, février 1829, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
Il lui envoie des instructions :
« Dans mes instructions confidentielles à M. le duc de Laval (13 septembre 1823) je lui disais : « Nous demandons que l’on mette sur le trône pontifical un prélat distingué par sa piété et ses vertus. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXX, chapitre 1. · Lire le passage
« Lorsque le duc de Laval m’écrivait aussi ses soucis sur son conclave, tout préoccupé de la guerre d’Espagne que j’étais, je disais en recevant ses dépêches : Eh ! bon Dieu, il s’agit bien de cela ! »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXX, chapitre 5. · Lire le passage
Le conclave élit le cardinal della Genga, Léon XII, contre le cardinal Castiglioni que la France et l’Autriche soutenaient (Wikipédia) :

« Je n’ai point, monsieur le comte, la prétention de lutter de magnificence avec M. l’ambassadeur d’Autriche comme le fit M. le duc de Laval ; je ne louerai ni chevaux, ni voitures, ni livrées pour éblouir la populace de Rome […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXX, chapitre 3. · Lire le passage
Mme Récamier arrive à Rome à la fin de novembre 1823 ; elle y reste, avec un séjour à Naples à l’été de 1824, jusqu’au printemps de 1825 :
« […] elle y fut accueillie par l’un des plus aimables et des plus fidèles amis de sa jeunesse, le duc de Laval, avec une joie si vive et si vraie qu’elle en fut profondément touchée. »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
« Le duc de Laval y représentait noblement la France: bienveillant et gracieux pour les individus, il exerçait envers ses compatriotes la plus large hospitalité. L’urbanité de ses manières, la modération de son caractère étaient en parfaite harmonie avec l’esprit conciliant du gouvernement auprès duquel il était accrédité, et avec la mansuétude des princes qu’il représentait; aussi la famille Bonaparte jouissait-elle à Rome d’une sécurité et d’un calme absolus. »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
« Le duc de Laval mit, avec une charmante et parfaite amitié sa personne, sa maison, ses gens, ses chevaux à la disposition de Mme Récamier, et chaque soir, finissait ou commençait la soirée chez elle. »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage

Il lui avait décrit la duchesse de Devonshire, reine de la société romaine :
« Je m’entends avec la duchesse pour vous admirer. Elle a quelques-unes de vos qualités, qui ont fait le succès de toute sa vie. C’est la plus liante de toutes les femmes, qui commande par la douceur, et elle s’est fait constamment obéir […] »
Le duc de Laval à Mme Récamier, Rome, mai 1823, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
« Le duc de Laval donna plusieurs bals et quelques concerts magnifiques. »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
Pendant le carnaval de 1824, au bal masqué de Torlonia (« Tortonia » dans le texte), Mme Récamier et la reine Hortense échangent leurs dominos :
« Dans un moment où la foule était excessive, je quitte tout à coup le duc de Laval, et, m’éloignant de quelque pas, je détache à la hâte ma guirlande; la reine, attentive à ce mouvement, me donne son bouquet en échange et va prendre ma place au bras de l’ambassadeur de Louis XVIII, tandis que j’occupe la sienne sous la garde de l’ex-roi de Westphalie. »
Mme Récamier, récit publié par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
Dans la nuit du 29 au 30 mars 1824, la duchesse de Devonshire meurt :

« Mme Récamier se mit à genoux, prit la main de son amie, la baisa et resta ainsi sanglotant, la tête appuyée sur le bord de la couche. Le duc de Laval se mit à genoux […] »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
Il a de l’esprit ; sur Mme Salvage, l’amie romaine trop zélée de Mme Récamier :
« Il faut beaucoup la ménager: car si on la fâchait, elle vous passerait son nez au travers du corps. »
le duc de Laval, cité par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
En congé, il apprend à Gênes le renvoi de Chateaubriand (6 juin 1824) :
« Jugez de ma surprise, lorsque hier soir en arrivant ici j’apprends du consul la destitution si brusque, si singulière dans sa forme, du ministre de mon département. »
Le duc de Laval à Mme Récamier, Gênes, 19 juin 1824, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
« Votre excellent esprit vous a déjà fait regretter le ton si violent, si démesuré du journal défenseur du disgracié. »
Le duc de Laval à Mme Récamier, Paris, 5 juillet 1824, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
Mathieu de Montmorency meurt le 24 mars 1826 (Biré) :
« Je reçois dans la solitude, où ma douleur s’est réfugiée, votre lettre si pénétrante de la même douleur. »
Le duc de Laval à Mme Récamier, Palo, à 24 milles de Rome, 9 avril 1826, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
« Paris ne se présente à mes yeux que comme le tombeau de toutes mes espérances, de mes consolations, et de toutes nos générations. »
Le duc de Laval à Mme Récamier, Palo, 9 avril 1826, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
Rome cédée à Chateaubriand (1828-1829)
« Mais cet arrangement enlevait au duc de Laval une résidence qui lui était très-agréable, où il avait parfaitement réussi, et cette fois encore Mme Récamier se trouva placée entre les intérêts opposés et les prétentions rivales de deux de ses amis. »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
« […] c’est toujours vous; c’est toujours une amie de vingt-cinq ans, une personne pleine d’un charme dont j’ai senti la puissance et goûté les intimes sentiments pendant la meilleure partie de ma vie. »
Le duc de Laval à Mme Récamier, Rome, 5 avril 1828, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
Chateaubriand refuse de le déloger sans son aveu :
« Le roi n’a pas de meilleur, de plus fidèle et de plus noble serviteur que son ambassadeur actuel auprès du saint-siége. »
Chateaubriand au comte de La Ferronnays, 26 mai 1828, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
« Jamais je n’occuperai sa place que de son aveu. C’est lui qui doit trancher la question. »
Même lettre. · Lire le passage dans Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier
« M. le duc de Laval, que j’allais remplacer à Rome, fut nommé à l’ambassade de Vienne. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVIII, chapitre 16. · Lire le passage
À Rome, Chateaubriand se mesure à son prédécesseur :
« Samedi 13, je serai transformé en chanoine. Cela enchantait le duc de Laval, et moi je suis au supplice. »
Chateaubriand à Mme Récamier, Rome, 6 décembre 1828, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
« Voilà, n’est-il pas vrai? un bien ennuyeux ambassadeur, et bien différent de M. le duc de Laval! »
Chateaubriand à Mme Récamier, Rome, janvier 1829, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
« […] on a dansé et soupé, comme si j’eusse été M. de Laval. »
Chateaubriand à Mme Récamier, Rome, janvier 1829, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
« […] je ne permets pas qu’on se mêle de mes affaires, et je suis le maître à Rome; M. de Laval était trop bon. »
Chateaubriand à Mme Récamier, Rome, avril 1829, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
« D’un regard d’aigle, j’aperçois que le traité de la Trinité du Mont, entre le Saint-Siège et les ambassadeurs Laval et Blacas, est abusif, et qu’aucune des deux parties n’avait eu le droit de le faire. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXX, chapitre 11. · Lire le passage
« Ce fut pendant l’ambassade de M. de Laval que la chose se trama […] »
Céleste de Chateaubriand, Cahier vert, sur la cession du couvent de la Trinité-des-Monts aux Dames du Sacré-Cœur.
Le 18 février 1829, Chateaubriand rappelle au Sacré Collège son « noble prédécesseur » :
« Il n’y a pas encore six ans que M. le duc de Laval-Montmorency vint au milieu de vous pour unir sa douleur à la vôtre […] »
Chateaubriand, discours au Sacré Collège, 18 février 1829, publié par Edmond Biré, t. V. · Lire le passage
Vienne, le ministère refusé, Londres (1828-1830)
« Je suis ici depuis deux jours; la mélancolie m’accable et me paraît un poids insurmontable dans une situation si nouvelle. La France et l’Italie sont incessamment présentes à mon esprit. »
Le duc de Laval à Mme Récamier, Vienne, 11 octobre 1828, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
« […] quand vous osez vous livrer à votre inspiration, vous avez un charme sur le papier, comme vous en avez un, plus vanté, plus reconnu, plus puissant encore lorsque vous causez. »
Le duc de Laval à Mme Récamier, Vienne, 24 mars 1829, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
Au printemps de 1829, Charles X le nomme ministre des Affaires étrangères ; Chateaubriand, qui espérait le portefeuille :
« Il faut que chacun subisse sa destinée. La vôtre est d’avoir toujours un de vos amis pour ministre. »
Chateaubriand à Mme Récamier, Rome, 5 mai 1829, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
« Des lettres de Vienne arrivées ce matin annoncent que M. de Laval a refusé le ministère des affaires étrangères ; est-ce vrai ? »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXX, chapitre 10. · Lire le passage
« Vous croyez que je m’entendrais avec M. de Laval ; j’en doute. Je suis disposé à ne m’entendre avec personne. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXX, chapitre 10. · Lire le passage
« Le duc de Laval a refusé, mais qui nommera-t-on? »
Mme Récamier à Mme Lenormant, 11 mai 1829, Amélie Lenormant, Madame Récamier, les amis de sa jeunesse et sa correspondance intime, 1874. · Lire le passage
Quand Polignac arrive au pouvoir, en août 1829, Chateaubriand démissionne :
« Je priai le prince de rendre à M. le duc de Laval l’ambassade de Rome, s’il la désirait encore, et je lui recommandai ma légation. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXI, chapitre 3. · Lire le passage
Laval passe le 4 septembre 1829 de Vienne à Londres (Mme Lenormant). Mme Récamier à Ampère :
« […] le duc de Laval a passé cinq jours à Paris : nos conversations ont été pénibles; il est parti hier pour Londres, chargé d’instructions favorables aux Grecs; mais quoiqu’il soit généreux, ses habitudes aristocratiques le rendent, je le crains, facile à contenter sur les intérêts des peuples. »
Mme Récamier à J.-J. Ampère, 11 octobre 1829, Amélie Lenormant, Madame Récamier, les amis de sa jeunesse et sa correspondance intime, 1874. · Lire le passage
Elle lui propose Mérimée comme secrétaire ; le jeune écrivain refuse la carrière, mais :
« […] je serai extrêmement flatté d’être présenté par vous au duc de Laval. La connaissance d’un galant homme et d’un homme d’esprit est toujours désirable. »
Prosper Mérimée à Mme Récamier, [1829], Amélie Lenormant, Madame Récamier, les amis de sa jeunesse et sa correspondance intime, 1874. · Lire le passage
À Londres, il occupe à Portland Place la maison que Marcellus avait louée pour Chateaubriand :
« Mon bail de sept ans devait traverser une révolution et profiter au prince de Polignac, au duc de Laval-Montmorency , enfin au prince de Talleyrand, nos successeurs immédiats. »
comte de Marcellus, Chateaubriand et son temps, 1859. · Lire le passage

« Quel que soit le silence qui règne entre nous depuis quelques mois, ma vieille amitié ne saurait le supporter dans un moment où vous venez d’éprouver un coup très-sensible. »
Le duc de Laval à Mme Récamier, Londres, 8 avril 1830, après la mort de M. Récamier, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
En congé à Paris pendant les journées de Juillet :
« Le duc de Laval se trouvait à Paris au moment des trois journées; placé dans une position moins éclatante aux yeux du public que l’illustre écrivain dont il partageait les convictions, il fit son renoncement avec plus de modestie, et ne le fit pas moins complet […] »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
Il quitte l’ambassade et la pairie (Biré). Selon Wikipédia, il serait allé seul et déguisé, à pied, porter à Charles X à Rambouillet des nouvelles de Londres (récit non vérifié dans les sources consultées). Marcellus l’entend dire, en secouant ses blonds cheveux, qu’il irait « jusqu’au pied des tours de leur prison leur dire que mon cœur bat pour eux ; et je serais encore leur Blondel » :
« […] je demeurerai fidèle à mes vieux maîtres. »
le duc de Laval, cité par comte de Marcellus, Chateaubriand et son temps, 1859. · Lire le passage
« Me voici dans ce lieu que nous avons habité ensemble il y a vingt-un ans passés. Quels souvenirs et quel avenir! »
Le duc de Laval à Mme Récamier, Aix en Savoie, 5 septembre 1830, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
Montigny (1830-1837)
Il se retire dans sa terre de Montigny, qu’il embellit « avec passion » depuis la révolution de Juillet, à la façon d’une villa italienne (Mme Lenormant). Il retrouve ses amis à Maintenon, chez les Noailles :
« Le duc de Laval est arrivé un quart d’heure après nous, et je pense que nous verrons aujourd’hui M. de Chateaubriand […] »
Mme Récamier à Mme Lenormant, Maintenon, 10 août 1835, Amélie Lenormant, Madame Récamier, les amis de sa jeunesse et sa correspondance intime, 1874. · Lire le passage
« Ce n’est pas peu de chose que d’avoir perdu l’habitude presque journalière de l’Abbaye-au-Bois, et d’une conversation si charmante, si variée, si piquante par la diversité des esprits, et les nuances, et même les oppositions d’opinion. »
Le duc de Laval à Mme Récamier, Montigny, 26 juin 1836, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
« Tendres hommages de la plus ancienne de vos amitiés. Vous savez qu’en amitié comme en généalogie, j’aime les dates: cela fixe les préséances. »
Le duc de Laval à Mme Récamier, Montigny, 26 juin 1836, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
Mme Récamier vient enfin à Montigny à l’automne de 1836, avec Ballanche et Ampère :
« […] de vous serrer la main sous mes vieilles tours et sur mon jeune gazon, et au milieu de mes jolies fleurs d’automne. »
Le duc de Laval à Mme Récamier, Montigny, 1836, publiée par Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
« […] ne se montra jamais plus gai, plus jeune, plus excellent ni plus aimable. Huit mois après, cet ami si parfait, cet esprit si facile, cette âme si haute avait disparu de la terre; sa mort rouvrit pour Mme Récamier la plaie toujours vive que lui avait laissée la perte de Mathieu de Montmorency. »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. II. · Lire le passage
Il meurt à Paris le 16 juin 1837 (Mme Lenormant, Biré, Wikidata ; le 6 juin selon Pailhès). Il repose, selon Wikipédia, au cimetière de Picpus, dans le caveau de la famille de son gendre. Sa veuve meurt le 6 septembre 1840 (Pailhès).

Chateaubriand, en 1839, le compte parmi les disparus de l’Abbaye :
« Hélas ! les hommes que je rencontrais chez Madame Récamier, Mathieu de Montmorency, Camille Jordan, Benjamin Constant, le duc de Laval ont été rejoindre Hingant, Joubert, Fontanes, autres absents d’une autre société absente. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre « Madame Récamier » (version de 1839, donnée en appendice). · Lire le passage
Ce qu’on a dit de lui
« […] le duc de Laval, léger, mais chevaleresque et fidèle, continue la figure de son cousin, après que celui-ci a disparu du monde […] »
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. I. · Lire le passage
« Son fils aîné, Adrien, devenu depuis duc de Laval, est un homme de bonne compagnie. Son nom, plus que son mérite, l’a poussé pendant la Restauration à des emplois où il n’a pas montré suffisamment de capacité, mais il est pourtant fort au-dessus de la réputation de nullité qu’on a voulu lui faire. Le désir de prolonger les goûts de la jeunesse au delà du terme raisonnable l’a exposé à quelques ridicules. »
Mme de Boigne, Récits d’une tante, t. I (écrits vers 1835, publiés en 1907).
« Sous une apparence légère et mobile, le duc de Laval était un noble cœur et un esprit élevé. Il géra les plus grandes ambassades et fut partout à la hauteur de sa tâche. »
Edmond Biré, note des Mémoires d’outre-tombe, t. IV. · Lire le passage
Biré, qui lui consacre une note de dates, s’en excuse :
« Cet homme d’esprit aurait peu goûté cette note, où il n’y a guère que des dates. »
Edmond Biré, note des Mémoires d’outre-tombe, t. II (sur le duc de Laval). · Lire le passage
« Les dates ! disait-il un jour avec une certaine moue, c’est peu élégant ! »
Edmond Biré, note des Mémoires d’outre-tombe, t. II (sur le duc de Laval). · Lire le passage
Laval lui-même écrivait pourtant à Mme Récamier, en 1836 : « en amitié comme en généalogie, j’aime les dates ».
Divergences entre les sources
Naissance : 29 octobre 1768 (Wikidata, Pailhès, Wikipédia) ; 19 octobre 1767 (Mme Lenormant, Biré). Mariage : 14 mai 1788 (l’éditeur des Cahiers) ; 19 mai 1788 (Pailhès) ; Wikipédia donne une date impossible (30 décembre 1764). Henri, son fils : né le 13 janvier 1796 (Pailhès) ou le 15 (Wikipédia) ; mort le 7 août 1819 (Pailhès, Wikipédia) ou « au mois de juin 1819 » (Mme Lenormant, Biré), à Naples (Mme Lenormant). Aix : l’été de 1810 (Mme Lenormant) ; 1809 d’après sa lettre du 5 septembre 1830 (« il y a vingt-un ans passés »). Ambassade de Rome : « en 1821 » (Mme Lenormant, Biré ; « de 1821 à 1828 » selon Egger) ; en juin 1822, à la démission de Blacas (lettre de Chateaubriand du 23 juin 1822 et note de Mme Lenormant). Londres en 1821-1822 : Montmorency aurait voulu y nommer son cousin (Cahier vert) ; à Naples, selon l’éditeur des Cahiers. Mort : 16 juin 1837 (Mme Lenormant, Biré, Wikidata, Wikipédia) ; 6 juin 1837 (Pailhès, et l’introduction de Wikipédia). Montigny : sa terre n’est pas située dans les sources consultées.
Sources et documents
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres XIII (10), XXII (23), XXVIII (16), XXX (1, 3, 5, 10, 11), XXXI (3), et livre « Madame Récamier » de 1839
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859, t. I et II (lettres du duc de Laval de 1823 à 1836) (lire sur le site · Project Gutenberg)
Amélie Lenormant, Madame Récamier, les amis de sa jeunesse et sa correspondance intime, 1874
Mme de Boigne, Récits d’une tante, t. I, 1907 (lire en ligne)
Gabriel Pailhès, La Duchesse de Duras et Chateaubriand, 1910 (lettres de Mme de Duras et de Chateaubriand, dates de la famille)
Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, éd. J. Ladreit de Lacharrière, 1909 (Cahier vert et notes) (lire en ligne)
Edmond Biré, éd. des Mémoires d’outre-tombe, 1898-1900, notes des t. II à V
Comte de Marcellus, Chateaubriand et son temps, 1859
Catalogue de vente « La duchesse de Duras et ses amis, Chateaubriand », Pierre Bergé & associés, 24 octobre 2013 (lettres de Chateaubriand de 1811)
Wikidata (Q2850743) ; Wikipédia, « Anne-Adrien-Pierre de Montmorency-Laval » (lire en ligne)
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres XIII, XXII, XXVIII, XXX, XXXI et livre « Madame Récamier » de 1839
