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L'Enchanteur 1768—1848

Livre VIII

Livre VIII (suite)

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 14 min de lecture · p. 561–573 · chapitre 530 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Mme Récamier voulait repartir, et les prières de sa nièce la retinrent à grand'peine. Elle éprouvait cependant une sorte de soulagement à s'occuper sans contrainte, avec des personnes en complète sympathie de regrets et d'affection, du souvenir de M. Ballanche.

M. Ampère préparait le volume qu'il a consacré à la mémoire de ce philosophe au talent si poétique et trop peu connu ; on choisissait ensemble les morceaux possibles à extraire pour donner une idée du génie particulier de Ballanche. Assise dans une allée de hêtres qu'on avait appelée l'Allée d'Orphée, Mme Récamier se faisait relire aussi par les filles de sa nièce, déjà sorties de l'enfance, et dont l'aîné était sa filleule, les lettres de l'ami, si tendrement pleuré. Le calme de la nature, le bon air apportaient un peu de relâche à cette âme si souvent éprouvée, mais ce ne tut que pour un moment; la correspondance de M. de Chateaubriand témoignait d'une disposition si découragée que Me Récamier ne pouvait le laisser plus longtemps seul. Il écrivait :

« 28 juillet.

« C'est grand dommage d'être toujours séparés. Hélas ! quand nous reverrons-nous? Je pense toujours qu'il ne faut jamais se quitter, car on n'est pas sûr de se revoir. Ma santé est bonne, mais elle sera meilleure quand vous reviendrez. Revenez donc vite, j'ai grand besoin de ne plus vous quitter. Adieu, adieu, et toujours adieu : c'est là ce dont se compose la vie. »

Vers cette douloureuse époque, la providence accorda à Me Récamier un précieux soutien dans la personne d'une femme dont l'âme énergique et généreuse, si bien en harmonie avec la sienne, devait s'y attacher fortement.

La comtesse Auguste Caffarelli, veuve de l'illustre général de ce nom, était liée avec Mme de Chateaubriand; absente au moment de la mort de celle-ci, elle vint à son retour voir M. de Chateaubriand et trouva Me Récamier auprès de lui. Du premier moment qu'elle la connut, invinciblement attirée par la séduction de sa bonté, elle voulut partager les soins qu'elle lui voyait prodiguer : elle devint ainsi l'amie de la dernière heure. Cette admirable personne était digne de clore la liste des attachements de Mme Récamier.

Je craindrais de lasser, en m'étendant sur les tristesses de cette dernière année. Mme Récamier, , aveugle et malade, renoua pour M. de Chateaubriand, non point des relations mondaines, mais le cercle de ses réceptions du matin. Elle eut le courage de subir une seconde fois l'opération de la cataracte sur celui de ses yeux qui n'avait pas été opéré, tant était grande la passion d'amitié qui lui faisait désirer de recouvrer la lumière, afin d'être plus utile à son ami. Ce fut M. Tonnellé, de Tours, qui l'opéra, et cette fois encore à peu près sans succès.

Puis les troubles et les malheurs publics vinrent se mêler aux douleurs privées. La révolution de février balaya le trône que la révolution de juillet avait fondé; la guerre civile ensanglanta les rues de la capitale, et l'agonie de l'auteur du Génie du christianisme eut pour sinistre accompagnement le canon de l'insurrection de juin.

M. de Chateaubriand, on le devine, ne donna pas de regrets à la chute de Louis-Philippe; mais si près du terme, on ne juge plus les événements avec les passions de parti : ce grand et noble cœur ne gardait qu'un sentiment, l'amour de son pays; il faisait toujours des vœux pour sa liberté. Pendant les journées de juin, il questionnait avidement tous ceux qui pouvaient lui donner des nouvelles. Le récit de la mort héroïque de l'archevêque de Paris lui causa la plus vive émotion ; quelques traits de courage de ces intrépides enfants de la garde mobile lui arrachèrent des larmes ; mais déjà depuis quelque temps il était sujet à de longs silences, et, sauf dans le tête-à-tête avec Mme Récamier, il n'en sortait que par de bien courtes paroles. Il fut alité très-peu de jours, demanda et reçut les secours religieux, non-seulement avec sa pleine et parfaite connaissance, mais avec un profond sentiment de foi et d'humilité.

M. de Chateaubriand dans ces derniers temps s'attendrissait facilement, et se le reprochait comme une faiblesse. Je crois qu'il eut peur de se laisser aller à une émotion trop vive en adressant, la veille de sa mort, quelques paroles à son inconsolable amie ; mais depuis le moment où il eut reçu le saint viatique, il ne parla plus.

Sa fièvre était ardente et colorait ses joues , en même temps qu'elle donnait à ses yeux un éclat extraordinaire.

Je me trouvai à plusieurs reprises seule avec Mme Récamier, auprès du lit de ce grand homme en lutte avec la mort; chaque fois que Mme Récamier, suffoquée par la douleur, quittait la chambre, il la suivait des yeux, sans la rappeler, mais avec une angoisse où se peignait l'effroi de ne plus la revoir.

Hélas! elle qui ne le voyait pas se désespérait de ce silence. La cécité faisait commencer la séparation entre eux avant la mort.

Mme Récamier ne voulait à aucun prix quitter la maison où M. de Chateaubriand était en proie à une lutte dont l'issue menaçait à chaque instant d'arriver : elle craignait aussi de l'inquiéter en passant la nuit dans sa chambre, chose qu'assurément il n'eût pas souffert, à cause de l'état de santé où elle était elle-même. Elle s'agitait dans cette pénible perplexité, lorsqu'une Anglaise aimable, spirituelle, bonne, qui avait habité l'Abbaye-au-Bois, que M. de Chateaubriand y avait connue et qu'il voyait avec plaisir, Me Mohl lui offrit, avec un élan plein de sensibilité, l'hospitalité chez elle pour cette nuit. Elle logeait à l'étage supérieur, dans la même maison et dans le même escalier que M. de Chateaubriand. Mme Récamier accepta sa proposition avec reconnaissance et se jeta toute habillée sur un lit ; au jour, elle revint auprès de son ami dont l'état s'était encore aggravé.

M. de Chateaubriand rendit son âme à Dieu le 4 juillet 1848. On a dit que Béranger était présent à ce dernier moment, c'est une erreur; quatre personnes seulement assistaient à cette mort : le comte Louis de Chateaubriand, l'abbé Deguerry, une sœur de charité et Mme Récamier.

En perdant M. de Chateaubriand, Me Récamier se sentit atteinte aux sources mêmes de la vie. Sa douleur n'eut point d'éclat, point de révolte, point de larmes; le calme du désespoir répandu sur toute sa personne témoignait de la certitude qu'elle avait de ne pas lui survivre. Son visage se couvrit d'une pâleur étrange dont je fus effrayée, et qui ne l'abandonna plus. Elle ne repoussa aucune des consolations, aucune des distractions que lui prodiguaient sa famille et ses amis ; conversations ou lectures, elle. s'efforçait de s'y associer et de les suivre; elle en remerciait avec la grâce qui jusqu'au bout s'attacha à ses moindres paroles, à ses plus futiles actions ; mais le triste sourire qui venait alors errer sur ses lèvres était navrant.

Elle avait affligé le cœur de M. de Chateaubriand en refusant de porter son nom ; elle voulut porter son deuil. Témoin de la décadence de ce noble génie, elle avait lutté avec une tendresse passionnée contre le terrible effet des années; elle eût voulu le dérober aux yeux des indifférents, le lui cacher à lui-même, et ne consentait pas à se l'avouer; ce long combat avait usé ses forces.

Lorsque la mort eut mis le sceau de l'immortalité sur la grande âme à laquelle la sienne s'était identifiée, il sembla que le mobile de sa vie eût disparu.

Mme Récamier parlait souvent de M. Ballanche et ne séparait jamais son souvenir de celui de M. de Chateaubriand. Elle s'exprimait sur eux comme s'ils eussent été momentanément absents ; à l'heure où ses deux amis avaient coutume d'entrer dans son salon, si la porte s'ouvrait, je l'ai vue tressaillir ; je lui en demandai la raison ; elle me dit qu'elle avait d'eux, en de certains moments, une pensée si vive, que c'était comme une sorte d'apparition. Le nuage qui enveloppait pour elle tous les objets devait favoriser ces effets d'imagination.

Peu de temps après la mort de M. de Chateaubriand, Béranger, qui n'était jamais venu à l'Abbaye-au-Bois, mais que Mme Récamier avait plusieurs fois rencontré chez son ami, demanda à la voir. Elle le reçut, et fut touchée de la sympathie qu'il lui exprima, et surtout de son admiration pour le génie et la personne de M. de Chateaubriand. C'est la seule fois que j'aie rencontré le célèbre chansonnier, je ne crois pas qu'il ait fait une seconde visite à Me Récamier. Ce petit homme chauve, aux traits ronds, à la physionomie fine et sans noblesse, cet épicurien qui tenait du confesseuret chez lequel la bonhomie se mêlait à la malice, me frappa et me déplut.

La publication des Mémoires d'outre-tombe dans les feuilletons de la Presse fut pour M Récamier un véritable chagrin; elle savait à quel degré M. de Chateaubriand l'avait désapprouvée, et eut voulu l'empêcher. Elle vécut assez pour voir combien ce mode de publication fut nuisible au succès des Mémoires. La publicité d'une feuille quotidienne ajoutait à l'impression de sévérité de quelques jugements, et par conséquent accroissait les rancunes et les inimitiés.

Huitmois se passèrent ainsi. Le samedi saint 1849, Me Lenormant, en arrivant le soir chez sa tante, la trouva légèrement émue de ce qu'elle avait appris d'une nouvelle invasion du choléra; assurément, dans la disposition de son âme, elle était loin de redouter la mort, mais, sous la forme du choléra, la mort l'effrayait. On avait raconté que plusieurs accidents très-rapides avaient eu lieu à l'hospice des Ménages, dont l'abbaye-au-Bois n'était séparée que par son jardin. Il fut convenu que, si ces détails se confirmaient, Me Récamier viendrait dès le lendemain s'établir à la Bibliothèque.

Il n'était que trop vrai que le fléau avait reparu, et, comme à sa première invasion, la rue de Sèvres en fut fort maltraitée. Mme Récamier s'installa chez sa nièce le jour de Pâques.

On l'a déjà dit, on ne saurait assez le répéter : personne n'a jamais porté dans la vie de famille, dans l'intimité des habitudes, un charme plus pénétrant, une douceur plus parfaite, avec autant de liberté; la régularité qu'elle se plaisait à établir dans l'emploi de son temps facilitait singulièrement la vie commune. Obligée de se servir d'autres yeux que les siens pour satisfaire son goût de lecture, elle s'arrangeait de manière à assortir sa lecture à son lecteur; car l'ennui d'un autre lui eût été beaucoup plus difficile à supporter que le sien. Le chagrin dans lequel elle était plongée n'avait rien fait perdre à la vivacité qu'elle savait mettre à ce qui intéressait ses amis; elle n'était indifférente qu'à elle-même, et je ne puis exprimer ce que la désolation de ce cœur, dont la douleur ne tarissait pas la tendresse, avait d'admirable et de poignant.

Les suffrages de l'Académie française avaient d'abord donné pour successeur au bon Ballanche M. Vatout. L'élection de celui-ci était à peine faite, que le souffle des révolutions emporta la monarchie élective. M. Vatout suivit son vieux roi dans l'exil, et la mort l'avait frappé au moment où il le rejoignait en Angleterre, sans avoir pris possession du fauteuil.

L'éloge de M. Ballanche n'avait donc pas été fait ; le successeur de M. Vatout devait louer à la fois ses deux prédécesseurs si divers, et l'Académie avait choisi pour cette tâche le comte Alexis de Saint-Priest, homme d'un esprit très-brillant, mais assurément en contraste complet avec le génie poétique et rêveur du philosophe Ballanche.

Mme Récamier avait connu M. de Saint-Priest en Italie en 1824; il était admis habituellement chez elle, il vint la voir plusieurs fois à la Bibliothèque; cet éloge de M. Ballanche qu'il devait prononcer était pour elle l'objet d'une grande préoccupation. M. de Saint-Priest, ayant pris son jour, vint lui lire son discours de réception.

Cette lecture, qui eut lieu le 7 mai, ne précéda que de trois jours la mort de Mme Récamier.

Rien pourtant dans sa santé ne pouvait faire prévoir une semblable catastrophe. Elle était sans doute extrêmement faible, elle dormait à peine et mangeait fort peu; mais ce triste état lui était ordinaire, et, quoique fâcheux, ne pouvait inspirer de craintes prochaines. Elle sortait tous les jours en voiture; elle le fit encore le 9, et, ce jour-là, donna pour but à sa promenade une course à l'Abbaye-au-Bois : l'abbé Gerbet arrivait à Paris ; Frédéric Ozanam, venu la veille chez Me Récamier avec sa femme, lui avait parlé du désir de trouver pour ce célèbre écrivain un logement à l'Abbaye; elle voulut aller s'informer elle-même si la chose serait possible. En rentrant, elle reçut avant le dîner plusieurs visites, et le soir outre le cercle de la famille, et M. Ampère, qui avait dîné à la Bibliothèque, elle admit encore Mme Salvage. Le lendemain, elle se sentait si peu souffrante, qu'elle chargea sa femme de chambre, personne dévouée et lectrice intelligente, de quelques courses qui devaient la retenir plusieurs heures au dehors. Pendant son absence, Me Récamier se fit achever, par sa petite-nièce Juliette (l'aînée des enfants de Mme Lenormant), les Mémoires de Mme de Motteville, dont la lecture avait repris pour elle un intérêt de nouveauté, grâce à l'impression que ce jeune esprit en recevait.

A quatre heures, la lecture et le livre terminés, et comme Me Récamier se faisait habiller pour dîner, elle fut prise d'un malaise si étrange et si soudain qu'elle fit à l'instant avertir Mme Lenormant. Celle-ci accourut : la voix de Mme Récamier se faisait à peine entendre, quand elle dit à sa nièce l'effet extraordinaire qu'elle ressentait. Le docteur Maisonneuve lui avait donné des soins, elle continuait à en recevoir de lui, il survint ; on lui dit ce qui se passait, il recommanda de coucher la malade dans un lit bien chaud, fit quelques prescriptions insignifiantes, et en s'en allant, il répétait que cet état. n'avait rien de grave, qu'on n'y prendrait pas même garde, si on ne se trouvait pas sous l'influence d'une épidémie. Il était moins rassuré cependant qu'il ne voulait le paraître : car, à sept heures, il revint de lui-même, et passa la nuit entière au chevet de la malade avec un grand dévouement.

Au moment où on la mettait au lit, Me Récamier s'évanouit; en revenant à elle, elle exprima le désir d'être laissée seule avec sa nièce, et d'une voix éteinte, mais d'une âme ferme, lui expliqua ses dernières volontés. L'altération de ses traits était si grande, que la terreur s'empara de Mme Lenormant; le docteur Récamier était malheureusement retenu à Bièvre par la maladie; on courut chez M. Cruveilhier, qui, logé tout près de la Bibliothèque, vint aussitôt. A la première inspection, il reconnut le choléra; il ne dissimula point à M. Lenormant qu'il n'avait aucune espérance, et ajouta que l'horrible lutte serait courte.

Mon imagination recule devant le souvenir de cette nuit de tortures où, pendant douze heures, cette angélique personne, en proie à d'atroces souffrances, ne laissa pas un instant se démentir son courage, sa douceur, et la céleste tendresse de son âme.

Elle demanda son confesseur et reçut l'extrême-onction ; elle avait formé le vœu de recevoir aussi le saint viatique, mais les vomissements ne permirent pas qu'on satisfît à son pieux désir. « Nous nous reverrons, nous nous reverrons, » ne cessait-elle de répéter à sa nièce, et lorsque la parole lui fut ravie, ses pauvres lèvres essayaient un dernier baiser.

M. Ampère et Paul David avaient, avec M. Lenormant, passé cette nuit d'angoisse dans un salon • peu éloigné de la chambre de Mme Récamier. A minuit, dans un des moments où les convulsions lui laissaient quelque relâche, celle-ci s'informa où se trouvaient ces trois messieurs ; elle désira qu'ils entrassent, et entendant leurs pas (car elle ne pouvait les voir) elle leur dit adieu, mais comme pour la nuit, tendrement, sans solennité.

La foudroyante rapidité du mal n'avait pas permis que la terrible nouvelle s'en fût encore répandue. M. l'abbé de Cazalès, ignorant que! fléau avait visité la demeure de ses amis, arrivait à la Bibliothèque ; le moment suprême allait sonner : il pénétra dans la chambre, que remplissait une scène de deuil, et, au milieu des sanglots de la famille et des serviteurs agenouillés, il se mit à réciter les prières des agonisants. Me Récamier expira le 11 mai 1849, à dix heures du matin.

Par une exception qu'on ne peut s'empêcher d'interpréter comme une dernière faveur du ciel, après avoir succombé à ce fléau qui laisse ordinairement sur ses victimes des traces effrayantes, Mme Récamier prit dans la mort une surprenante beauté. Ses traits, d'une gravité angélique, avaient l'aspect d'un beau marbre; on n'y apercevait aucune contraction, aucune ride, et jamais la majesté du dernier sommeil ne fut accompagnée d'autant de douceur et de grâce. Un dessin, transporté sur la pierre par Achille Devéria, a conservé le souvenir de cette remarquable circonstance : ce dessin, dont nous pouvons attester la scrupuleuse exactitude, prouve à son tour la fidélité de notre récit.

Au reste, Mme Récamier n'avait pour ainsi dire pas connu la vieillesse : dans les derniers temps de sa vie, ses traits avaient commencé à se flétrir, et sa taille s'était légèrement courbée; cependant elle conservait un grand charme dans le sourire, et sa démarche se distinguait encore par une extrême élégance. Elle cachait ses cheveux qui avaient blanchi à Rome en 1824 ; mais elle n'avait jamais rien fait, absolument rien, pour combattre les effets de l'âge, et cette sincérité contribua sans doute à prolonger chez elle les avantages extérieurs bien au delà des limites ordinaires.

Dix ans se sont écoulés depuis la mort de Mme Récamier. D'un moment à l'autre, le petit nombre de ceux qui gardent encore des souvenirs personnels de sa vie peuvent disparaître. Il était donc temps d'accomplir une tâche délicate, mais sacrée. Puissions-nous n'être pas resté au-dessous de nos propres sentiments !