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L'Enchanteur 1768—1848

Livre premier

Livre premier (suite)

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 94–95 · chapitre 23 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Le prince de Bavière fut reçu par Me Récamier et emporta d'elle un précieux souvenir; je trouve dans une lettre de Mme de Staël, datée de Coppet, le 15 août suivant, un passage relatif à ce prince :

« J'ai quitté Mathieu de Montmorency à la fête des Suisses, près de Berne, que M. de Sabran vous décrit.

" • -« J'y ai rencontré aussi le prince de Bavière, qui m'a demandé de vos nouvelles avec vivacité, et m'a dit que l'on n'approuvait pas ses amitiés, ni pour vous ni pour moi. C'est un bon homme qui a de l'esprit et de l'âme. »

Pendant l'hiver de 1824, que Récamier passa à Rome, elle y vit arriver ce même prince, devenu le roi Louis de Bavière. Le goût passionné de ce souverain pour les arts l'amenait fréquemment en Italie, et il ne témoigna pas un empressement moins aimable ni moins flatteur pour la femme qu'il avait connue à Paris dans tout l'éclat de sa jeunesse et de sa beauté.

J'ai bien anticipé sur les temps, et je reviens à l'année 1800 où le peintre David entreprit le portrait de Me Récamier qu'il n'acheva pas et dont l'ébauche est au Musée du Louvre. Ce commencement de portrait d'une personne que sa beauté rendait alors la reine de la mode ne parut pas à la plupart de ceux qui le virent exprimer le charme de sa figure. L'ébauche fut critiquée; David lui-même n'en était pas entièrement satisfait : le portrait fut interrompu; non point, comme on l'a dit, par un caprice de Mme Récamier, mais par la volonté du peintre. Après plusieurs mois d'interruption, on le pressa d'y travailler, de le reprendre et de l'achever; alors il écrivit la lettre suivante :