Livre VI
Livre VI (suite)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Voici comment M. de Chateaubriand raconte dans ses Mémoires la circonstance à laquelle M. de Montmorency fait allusion :
« A la cérémonie des chevaliers des ordres, je me trouvai à genoux aux pieds du roi dans le moment que M. de Villèle prêtait son serment. J'échangeai deux ou trois mots de politesse avec mon compagnon de chevalerie, à propos de quelques plumes détachées de mon chapeau. Nous quittâmes les genoux du prince, et tout fut fini.
« Le roi, ayant eu de la peine à ôter ses gants pour prendre mes mains dans les siennes, m'avait dit en riant : « Chat ganté ne prend point de souris. » On crut qu'il m'avait parlé longtemps, et le bruit de ma faveur renaissante s'était répandu. »
M. de Chateaubriand revint en effet de Reins plusieurs jours avant le roi, et par conséquent avant le duc Mathieu de Montmorency. Celui-ci avait suivi la cour à Compiègne, où le roi s'était arrêté pour chasser. A la vive impatience de retrouver, après plus d'une année d'absence, une amie qui tenait le premier rang dans son cœur, se joignait un grand désir de savoir comment se serait passée la première entrevue avec M. de Chateaubriand. Aussi adressait-il de Compiègne ce billet à Mme Récamier :