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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier Chateaubriand → Mme Récamier, 22 novembre 1828, Rome

Livre VII · Livre VII (suite)

Chateaubriand → Mme Récamier, 22 novembre 1828, Rome

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 266–267 · chapitre 351 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Rome, samedi 22 novembre 1828.

« Le courrier encore non arrivé ! Et ce qui me fait le plus enrager, c'est qu'apparemment vous éprouvez les mêmes retards, et vous vous perdez dans mille injustices. Je vous l'ai dit et répété : je vous écris trois fois par semaine, et mes lettres doivent vous arriver par paquets. Jeudi dernier, 20, je vous ai parlé de Moïse et de Taylor, approuvant tout ce que vous avez fait et ferez. J'attends à présent la nouvelle de la lecture au comité.

« Je continue dans la disposition où vous me trouvez dans toutes mes lettres. Plus je vais, plus je suis déterminé à finir ma carrière politique. Il est temps que je disparaisse de la scène du monde; c'est auprès de vous que je trouverai, pour le peu de jours qui me restent, le repos et le bonheur que, jusqu'à présent, j'ai en vain demandés au ciel. Je ne fais presque rien ici. J'ai jeté sur le papier quelques idées pour mes Mémoires. J'ai fait quelques dépouillements historiques. Je viens d'achever, sur l'état actuel des affaires en Europe, une note assez longue que La Ferronnays me demandait.

« Je suis toujours extrêmement content du gouvernement romain ; il vient encore de m'accorder la liberté d'un Français, du reste assez coupable, condamné à cinq ans de détention. Le cardinal Bernetti est tout à fait un homme d'Etat, et la modération du souverain pontife est admirable. Mais enfin, je ne suis ici que par accident ; ma présence y est tout à fait inutile au service du roi; tout autre que moi, et surtout l'excellent duc de Laval, fera, et beaucoup mieux que moi, ce que j'ai à faire à Rome. Par mon absence, j'ai donné la paix au ministère; par mon retour dans mon infirmerie, je ne troublerai point cette paix. Je ne demande rien que la retraite et l'oubli. Il est facile de s'entendre avec un homme aussi accommodant. A vous pour la vie. »