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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier Mme Récamier → M. Paul David, 10 décembre 1823

Livre V · Livre V (suite)

Mme Récamier → M. Paul David, 10 décembre 1823

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 57 · chapitre 231 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

# Rome, 10 décembre 1823.

« Je suis bien sûre, mon bon Paul, que vous avez partagé tous nos ennuis ; ce n'est que depuis peu de jours que nous commençons à respirer. Amélie a été bonne et charmante au milieu de toutes nos contrariétés; sa santé est bien, elle ne tousse pas, mais le mouvement du monde et de la conversation la fatigue facilement. Nous avions hier quelques personnes, elle s'amusait; mais à la fin de la soirée elle était oppressée : il faut encore des soins pour remettre parfaitement sa santé. La mienne a été fort altérée, je tousse toujours et je dors mal; mais je commence depuis quelques jours à reprendre du calme et à jouir de ce pays, dont je sens vivement le charme. Je m'inquiète seulement des choses que, dans la précipitation de mon départ, j'ai pu négliger. Je voudrais que vous me fissiez le plaisir d'aller chez mon notaire de ma part, et de vous éclaircir avec lui sur ce que, dans le trouble où j'étais, j'ai pu oublier; car vous savez que j'aime l'ordre dans les affaires, et je connais trop votre amitié pour craindre d'en abuser en vous occupant de mes intérêts. Vos lettres sont au rang de nos plus agréables distractions ; nous attendons l'Ecole des Vieillards , dont nous nous faisons une fête. - Amélie écrit à son oncle. Chargez-vous de mes plus tendres souvenirs pour mon père, pour M. Simonard. Parlez de moi à Mme Pasquier, dont la bonté, j'en suis sûre, s'est associée à tous nos ennuis ; parlez aussi de nous à Mme de Malartic, pour laquelle nous avons un attrait si vrai. Enfin, soignez-nous dans le souvenir de nos amis, et continuez de nous écrire.

« Vous pouvez adresser vos lettres chez le duc de Laval. Adieu, adieu ! »