Livre VI · Livre VI (suite)
M. H. de Latouche → Mme Récamier, 1825
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
« Vendredi... 1825.
« Madame, « Non, sûrement, on ne doit pas regretter une course d'Aulnay à Paris pour prendre part à une bonne action ; mais n'irait-on pas au bout du monde pour vous la voir accomplir avec tant de grâce et de simplicité? Je suis bien profondément touché de votre bonté pour Me Desbordes : je vais lui écrire pour lui conseiller très-fort de ne point refuser une faveur où votre intervention met tant de bon goût; et, si elle vient du roi, notre poëte, qui est mainte-.
nant exilée à Bordeaux, s'empressera, j'ose en répondre, de témoigner toute sa reconnaissance.
« Mais, Madame, n'insistez pas pour que j'aille vous voir, j'ai peur de vous. Au lieu de moi, recevez, demain vers deux heures, M. Desbordes l'oncle, un vieillard qui a pour sa nièce une affection paternelle, un peintre assez habile, un ami du docteur Alibert, un royaliste en cheveux blancs; il expliquera mieux que personne tout ce que vous voudrez savoir touchant votre protégée, et sa gratitude, à lui, s'adressera plutôt au bienfait qu'à la bienfaitrice.
« Moi, je ne puis échapper, du reste, à l'occasion de vous voir : M. Delécluze doit me montrer, ce soir ou demain, un dessin de votre retraite; si votre portrait s'y trouve, vous ne m'empêcherez pas de lui dire tout ce que votre modestie refuserait d'entendre.
« Agréez, Madame, l'hommage de mon éternel dévouement.
H. de Latouche.