Livre VI · Livre VI (suite)
La duchesse Mathieu de Montmorency → Mme Récamier, 1827
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
« Ce dimanche... 1827.
« Vous êtes triste et affligée, j'en suis sûre, Madame, de la mort de M. de Staël. Je le conçois, et, moi aussi, je suis loin d'y être indifférente. Je l'ai tant vu! il était du même mois et de la même année que ma fille, il était aimé de celui qui n'est plus. Et puis, tant de choses à redouter dans cette mort! Ah ! c'est là un malheur inouï, que de craindre pour le salut de ceux qui nous sont chers ! Je vous le dirai franchement, Madame, vous ne sauriez croire à quel point je m'intéresse à vous pour cette vie, mais bien plus encore pour cette éternité. Ce mot dit tout. Vous êtes si bonne pour moi, il vous aimait tant, et vous l'aimiez aussi. Que de titres qui vont droit à la place où était mon cœur, ce cœur si déchiré, qui ne respirait que pour lui ! Je ne sais si j'en ai encore ! Je le crois cependant, quand je pense à vous. »