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L'Enchanteur 1768—1848

Livre VII

Livre VII (suite)

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 246 · chapitre 339 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

,« Je vous ai écrit il y a quelques jours un misérable petit billet. J'étais profondément mélancolique. Je commence à me faire à ma nouvelle vie. Votre ami René m'a certainement enlevé la meilleure situation. Puisse-t-il en jouir, et me la rendre lorsque l'ambition, le dégoût, ou sa fortune, ou peut-être plus encore son inconstance l'appelleront ailleurs !

« Ici je suis plein d'ardeur et d'application, je vous l'atteste. Je voudrais très-bien faire, contenter absolument, afin de justifier ma prétention de choisir entre deux autres missions, lorsqu'elles viendront à vaquer. Vous savez mes vœux, nous en avons assez causé.

« Je ne sais pourquoi vous persistez dans cette répugnance d'écrire; car, en vérité, votre style est charmant et d'un goût exquis.

« Rien n'est plus gracieux que votre manière de citer les impressions mélancoliques de votre pauvre ami absent. Ses paroles sont pleines de sentiment pour vous. N'est-ce pas une manière pour vous entraîner là où il est? Mon opinion est que vous ne résisterez pas, s'il continue sur ce langage; et puis, si vous alliez demander les avis de ma tante1, rue Royale, elle ne vous détournerait pas de cette faiblesse. Elle dit, non sans raison, et surtout non sans séduction, qu'il vaut mieux contenter son cœur dans de certaines circonstances de la vie, que de contenter des indifférents.

1. La vicomtesse de Laval. ↩

« Adieu avec tout mon cœur. »