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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier Le duc Mathieu de Montmorency → Mme Récamier, 3 juillet 1825, Esclymont

Livre VI · Livre VI (suite)

Le duc Mathieu de Montmorency → Mme Récamier, 3 juillet 1825, Esclymont

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 2 min de lecture · p. 184–185 · chapitre 295 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Esclymont, ce 3 juillet 1825.

« Voici déjà huit jours, aimable amie, que j'ai quitté Paris et la douce habitude de ne pas finir ma journée sans visiter le modeste asile de l'Abbaye-au-Bois. Il me semble que nous avions aussi fixé ce terme de huit jours comme le minimum de notre correspondance. Songez-vous à remplir cet engagement auquel j'attache tant de prix? ou attendez-vous que je remplisse un devoir doux et facile en vous écrivant le premier? Cependant que vous dirai-je, que vous ne sachiez d'avance, de mes regrets, d'un invariable sentiment auquel ne peuvent porter atteinte, ni les campagnes de quelques semaines, ni les terribles voyages de deux années? Vous intéresserai-je davantage en vous parlant de la vie paisible d'un vieux château où je réunis plusieurs objets de mes affections, où je lis et me promène plus qu'à Paris? mais je n'en pense pas moins à vous, et je regrette mes fins de soirées.

« Mais vous, aimable amie, que de choses n'avez-vous pas à me mander de cette capitale, siége de tant d'intérêts politiques, financiers, littéraires? En attendant que vous m'envoyiez le courrier que vous m'annoncez, préludez par quelques nouvelles de votre mélancolique ami, dont il me semble que les affaires n'avancent pas beaucoup, peut-être d'après ses dernières escapades qui auront déjoué les démarches d'une autre amie1.

1. Mme la duchesse de Duras qui se flattait toujours d'opérer un rapprochement entre M. de Villèle et M. de Chateaubriand. ↩

« Vous êtes plus paisible et plus incertaine, malgré les rapprochements piquants et les conversations curieuses que vous favorisez dans votre jolie chambre. Il est un autre négociation à laquelle je tiens plus vivement et que je serais heureux d'avoir pu seulement ouvrir. Ma belle-mère m'en demandait ce matin même des nouvelles avec beaucoup d'intérêt; elle serait d'avis que vous tentiez la grande audience dont vous me parlez une fois. Vous réfléchirez s'il faut se presser ou bien attendre notre retour; parlez toujours de moi à M. Lenormant et, si vous me permettez le rapprochement, à Amélie, dont j'espère que la santé vous donne quelque satisfaction. »