Livre V
Livre V (suite)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Ce qu'il m'importe le plus de savoir, et ce que je ne devine pas parfaitement, c'est votre impression à vous. Serez-vous fâchée pour son bonheur, et le vôtre en recevra-t-il la moindre atteinte? Cela peut-il. influer sur votre retour plus ou moins prompt? Enfin tout ce qui tient au cœur, à l'amitié, est de mon ressort; et c'est pour cela que je suis si peiné de ce retard de votre retour. Je vois apparaître au mois d'octobre de nouveaux motifs tirés de la santé d'Amélie, et cette absence prolongée est un des plus pénibles sacrifices qui puissent m'être imposés.
Adieu, aimable amie; j'aurais tant aimé à vous réunir ici pendant l'été avec ce bon Adrien qui me mande des choses admirables de vos dispositions actuelles sous le rapport le plus essentiel. Pourquoi ne voulez-vous donc pas que j'en profite pour ma propre édification et pour mon bonheur? Je vous quitte et vous renouvelle mes tendres hommages. »
Le duc de Laval avait quitté Rome depuis quelques jours, avec un congé, pour aller passer trois mois en France, lorsque Mme Récamier reçut la lettre qu'on vient de lire, et ce fut pendant son voyage que l'ambassadeur de France à Rome apprit à son tour l'étrange et brusque révolution qui renversait M. de Chateaubriand. Il écrivit aussitôt à Me Récamier pour lui exprimer son extrême étonnement :