Livre VII · Livre VII (suite)
Chateaubriand → Mme Récamier, 17 janvier 1829, Rome
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« Rome, samedi 17 janvier 1829.
« Les journaux m'ont un peu rassuré sur La Ferronnays. Je viens de lui écrire pour le conjurer de rester; sa retraite ferait beaucoup de mal à la France. M. Pasquier, en entrant seul, diviserait tout ; et quant à moi, je suis hors de la question. Si pourtant La Ferronnays était forcé de se retirer, cela amènerait, comme je vous l'ai déjà dit, le dénoûment naturel de ma position.
« On sait que je ne reste ambassadeur que parce qu'il est ministre; je l'ai déclaré cent fois, et c'est même cette déclaration connue qui a tant gêné les prétendants; car que faire de moi? Quel maudit homme jeșuis ! Vous savez, en cas de retraite, quelles sont les prétentions de Me de Chateaubriand. Quoi qu'il en soit, le résultat de tout cela serait de me ramener auprès de vous; c'est tout ce que je désire dans le monde.
« Un M. Prin, recommandé par Charles Nodier, n'a écrit pour me prier de le charger de la poursuite de mes d'oits d'auteur; je lui ai répondu qu'on ne jouerait pas Moïse. Vous avez maintenant toutes mes réponses par le courrier extraordinaire de Naples et par M. du Viviers; l'un a dû arriver le 4, et l'autre le 21 janvier. Je vais ce matin présenter une troupe de Français au pape; à mon retour, je trouverai peut-être une lettre de vous arrivée, et je fermerai la mienne.
« La poste est arrivée, et elle n'a rien de vous. Je vois que La Ferronnays va mieux et qu'il a travaillé avec le roi. Dieu soit loué!
« Il faut vous quitter jusqu'à lundi.
« Sa Sainteté a été pour moi la plus gracieuse du. monde, et cela devant dix-sept témoins. »