Livre VIII · Livre VIII (suite)
Chateaubriand → Mme Récamier, 2 août 1836, Paris
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
« Paris, 2 août 1836.
« Vous me demandez des détails ; je n'en sais pas plus que les journaux. Je ne suis guère en train d'aller à Maintenon, mais j'irai, puisque vous y serez. Je suis bien triste ici; j'erre sur mes boulevards solitaires, pour passer mes heures de l'Abbaye; je rentre ; je soigne Me de Chateaubriand qui est malade, et je me couche, et je ne dors point, et puis je fais du Milton.
« L'hiérophante1 est venu hier au soir; ne vous effrayez pas de sa tristesse. Il est fort animé de sa gloire, et se passe de vous à merveille, toute réserve faite à son attachement pour vous.
1. M. Ballanche, ↩
« Je suppose que vous partirez jeudi ou vendredi prochain de Dieppe, si vous voulez être à Maintenon le 10. Mandez-moi bien votre marche.
« Enfin, il n'y aura de bonheur pour moi, que quand vous serez revenue, quoi que vous en pensiez dans vos jours d'ingratitude et de calomnie. Où pourrions-nous donc aller mourir en paix ? Je ne m'intéresse plus à une société apathique et légère, qui s'en va au milieu des crimes, qu'elle prend pour de purs accidents. Elle se joue dans les abîmes qu'elle ouvre et où elle tombe; elle ne sera pas demain, ou sera tout autrement qu'elle est. »