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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier Le duc Mathieu de Montmorency → Mme Récamier, 15 mars, Paris

Livre V · Livre V (suite)

Le duc Mathieu de Montmorency → Mme Récamier, 15 mars, Paris

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 85–86 · chapitre 241 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

«Paris, ce lundi soir 15 mars.

«Je reçois très à propos, aimable amie, une lettre de vous du 1° mars ; car M. de Chateaubriand me disait précisément hier aux Tuileries qu'il avait reçu la veille des nouvelles de Rome, et que le duc de Laval lui mandait que vous étiez très-souffrante. Enfin vous étiez bien lasse, et surtout pour Amélie, des folies du carnaval, et vous entriez de bon cœur dans le calme du carême. Ce n'est pas là ce que je blâmerai ; mais vous me faites une sorte de confession fort aimable de vos nouvelles et inconséquentes liaisons, qu'il m'est bien difficile d'approuver. Je vois à merveille comment les choses se sont arrangées avec vous. Un peu de. romanesque qui vous plaît, même en amitié; quelque mystère, quelques difficultés, soit dans la première rencontre, soit dans celles qui l'ont suivie; et puis, survient un malheur à plaindre, à soigner, qui intéresse la générosité, et vous voilà engagée. Cela ne m'étonne pas beaucoup et je n'en rends pas moins justice au fond de vos sentiments ; mais des personnes qui vous connaissent moins en bavarderont, en écriront. Il est possible que, revenue ici, vous soyez importunée de quelques lettres, de quelque sollicitation à votre obligeance. C'est en tout une sorte de liaison qu'il est plus aisé de ne pas commencer du tout que de rompre à temps, pour en éviter tous les inconvénients.

« Voilà mon sermon fait; vous ne me parlez pas de celui du duc de Laval pour qui vous avez bien senti que ce pourrait être plus embarrassant. Vous ne me dites pas si vous lui avez fait confidence entière. »