Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier Le prince de Mecklembourg-Strelitz → Mme Récamier

Livre premier · Livre premier (suite)

Le prince de Mecklembourg-Strelitz → Mme Récamier

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 89 · chapitre 19 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Oserai-je? serez-vous assez bonne, assez généreuse? oserai-je encore venir demain à la même heure que la dernière fois? C'est en tremblant que je prononce ce vœu, mais si vous saviez combien il est vivement senti, si vous saviez combien même il m'en a coûté d'attendre jusqu'à ce moment! peut-être qu'au lieu de me trouver excusable, vous diriez que je suis justifié.

« Je suis venu dans cette ville la mort dans le cœur. Je n'y ai fait que les plus douloureuses expériences : voulez-vous que j'emporte encore la douleur la plus forte de toutes, d'avoir vu un ange sans avoir osé l'approcher! Daignez croire du moins que je ne mériterais point une destinée aussi dure; que peut-être même, pardonnez-moi cette fierté apparente, personne ne fut plus digne de vous apprécier, de se dévouer à vous avec tous les sentiments que vous méritez et que vous inspirerez toujours, hélas ! à toute âme noble et sensible. Je vous le ré- 'pète, c'est en tremblant que j'écris , mais non sans un rayon d'espoir.

Les sentiments que Mme Récamier avait une fois inspirés n'étaient point passagers. En 1843, elle recevait du grand-duc de Mecklembourg-Strelitz la lettre suivante; cette lettre prouvera que, loin d'exagérer, j'ai plutôt adouci la vérité, quand j'ai dit quel ombrage causait au monarque tout-puissant et victorieux l'opposition des salons et particulièrement celle du salon de Mme Récamier.