Livre V
Livre V (suite)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Il est facile d'imaginer quels durent être les sentiments de Me Récamier, lorsque l'indignité des procédés qui accompagnèrent la chute de M. de Chateaubriand lui fut connue; mais si elle s'associa au vif ressentiment de cette injure, elle eût pourtant désiré que son noble ami usât de plus de modération dans sa retraite. Il est indubitable, et les amis de M. de Villèle le savaient, que, si elle se fût trouvée auprès de lui dans ce moment critique, Me Récamier fût parvenue à modérer l'âpreté qu'il porta dans sa vengeance. Malheureusement les personnes qui entouraient alors M. de Chateaubriand, peu capables - elles-mêmes de prudence et de mesure, ne pouvaient que l'exciter dans le sens de sa passion.
M. de Chateaubriand avait conscience qu'il n'était pas complétement approuvé par la femme dont le jugement était si considérable à ses yeux, mais il ne voulait pas être apaisé, et sa correspondance avec Me Récamier devint beaucoup moins fréquente à cette époque.
En outre, par un accident que je déplore, et que je ne puis m'expliquer que par la cécité dont Mme Récamier fut atteinte pendant les dernières années de sa vie, les lettres en petit nombre que M. de Chateaubriand lui adressa à cette époque si grave de sa vie publique manquent toutes à la collection.
Cette regrettable lacune nous oblige à nous contenter, sur l'événement le plus important de cette année, des détails et des informations que le duc Mathieu de Montmorency, son cousin le duc de Laval et le duc de Doudeauville transmettaient à Me Récamier.