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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier Mme de Chateaubriand → Mme Récamier, 7 mars 1826, La Seyne près Toulon (Var)

Livre VI · Livre VI (suite)

Mme de Chateaubriand → Mme Récamier, 7 mars 1826, La Seyne près Toulon (Var)

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 2 min de lecture · p. 213–214 · chapitre 314 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« La Seyne près Toulon (Var), ce 7 mars 1826.

« Voici encore, Madame, une importunité; mais c'est une justice à rendre et un grand plaisir à me faire. J'espère bien que vous ne me refuserez pas vos bons offices auprès de M. le duc de Doudeauville en faveur d'une pauvre dame de ce pays, qui se trouve dans un âge très-avancé, réduite, par suite de la révolution, à la plus affreuse indigence, et qui a plus de droits que personne à réclamer les bontés du roi. Elle est fort infirme et jouit ici de toute la considération due à sa piété et à la parfaite résignation avec laquelle elle supporte ses malheurs. Elle a eu l'honneur d'écrire, au mois de janvier 1825, à M. de Doudeauville, qui a eu la bonté de lui répondre, sans lui ôter l'espérance ; mais, pour qu'elle soit réalisée, il nous faut votre protection. Je joins ici, Madame, l'envoi de la petite note que cette bonne dame m'a remise.

« Si M. le duc de Doudeauville veut avoir la bonté de se faire représenter les pièces justificatives restées dans les bureaux depuis 1819, il pourra s'assurer de la justice de la cause de ma pauvre protégée.

« J'apprends chaque jour vos nouvelles bontés pour l'Infirmerie. Il paraît, Madame, que le bon Dieu ne veut pas que cette œuvre tombe, puisqu'elle est remise en vos charitables mains. Notre pauvre sœur Reine est bien heureuse de vous avoir trouvée ; déjà si accoutumée à vous, elle qui redoutait tant les nouvelles figures et les faiseuses ! J'espère cependant que l'on songera bientôt à vous relever de soins qui doivent être très-fatigants pour vous, et que M& l'archevêque ne tardera pas à faire administrer cet établissement sous un autre nom que le mien.

«Je serais bien fâchée que votre complaisance vous empêchât de réaliser l'espérance que vous nous avez donnée, de venir passer quelques moments avec nous à Lausanne.

« Recevez de nouveau, Madame, l'expression de ma reconnaissance et, je vous prie, celle de mes bien tendres sentiments.

LA Vtesse DE CHATEAUBRIAND.