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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier M. Ballanche → Mme Récamier, 10 juillet 1813

Livre IL · Livre IL (suite)

M. Ballanche → Mme Récamier, 10 juillet 1813

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 231 · chapitre 59 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« &Ce 10 juillet 1813.

« Il ne faut pas que je me laisse gagner par l'ennui; je suis seul, le poids de la solitude me pèse horriblement. Permettez, Madame, que je me soulage de ce poids en m'entretenant un instant avec vous. Jé n'ai rien pour ces sortes d'intervalles : je n'ai aucun goût à la lecture; la vue d'une belle nature et d'un monument est pour moi un mouvement machinal de mes yeux et une fatigue pour ma pensée; je ne m'y prends point. Je voudrais pouvoir ôter de ma vieces moments de vide et de délaissement. Je suis entre Rome et Lyon, il me semble que je suis tout à fait. hors de mon existence.

«Je ne trouve rien en moi, non-seulement qui puisse me suffire, mais même qui puisse m'aider à passer le temps. Pauvre et triste nature que je suis! ils sont passés ces jours de Rome, ils ne reviendront plus ! que ne puis-je les recommencer. Au moins si je vous savais dans un lieu de repos, vous prenant aux choses de la vie, souriant aux distractions ! mais j'ai trop lieu de croire que vous sentez aussi un poids qui vous fatigue. Je vous vois sur la triste terrasse du triste palais que vous habitez, véritable lieu d'exil. »