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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier Chateaubriand → Mme Récamier, 1er juillet 1843, Bourbonne

Livre VIII · Livre VIII (suite)

Chateaubriand → Mme Récamier, 1er juillet 1843, Bourbonne

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 520 · chapitre 502 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

«Bourbonne, 1er juillet 1843.

(Dictée). « Vous avez donc la pensée de m'écrire de votre propre main, lorsque de mon côté je griffonnais la petite lettre que vous avez reçue. N'est-il pas merveilleux de s'entendre ainsi? Je pense tout ce que vous pensez. Je ne pense plus qu'à Venise : c'est là qu'il nous faut finir, dans une ville qui nous appartient. Nous ne trouverons aucune résistance pour ce projet dans la rue du Bac ; alors, faites provision de santé et de courage.

« Je n'essaierai les eaux ici que lundi prochain; à la vérité, je n'en espère rien du tout. Je n'ai qu'un seul espoir gravé dans le cœur : celui de vous revoir. Aujourd'hui je n'ai rien fait ; j'ai voulu aller voir le cimetière pour me divertir; je n'ai pas pu y parvenir, et pour avoir marché une trentaine de pas, je suis rentré chez moi mourant de fatigue. Voilà où j'en suis ; mais peu importe, le cœur me reste, et c'est la seule bonne chose que je possède ; vous savez s'il est à vous.

« Le maréchal Oudinot sort de chez moi avec sa femme ; il a été remplacé par le maréchal Bourmont avec son fils. Ces deux mondes n'ont point de répugnance pour moi, parce que je n'ai rien à leur demander. Il y a ici une Me de Menou : je croyais que Me de Menou venait de mourir dernièrement en Italie; c'est là aussi que j'espère que nous irons mourir.