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L'Enchanteur 1768—1848

Livre VII

Livre VII (suite)

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 245 · chapitre 337 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Je suis ici depuis deux jours ; la mélancolie m'accable et me paraît un poids insurmontable dans une situation si nouvelle. La France et l'Italie sont incessamment présentes à mon esprit. On se sent isolé comme dans un désert au milieu de tant de nouveautés. Maison, personnes, langue étrangère, tout m'est inconnu, et toutes ces nouveautés me jettent dans la plus étrange confusion d'idées.

« Il me sera doux de recevoir un mot de vous, de voir une écriture amie, de savoir que notre dernier entretien ne vous a pas laissé d'impressions pénibles. Enfin soyez bonne, généreuse, bienveillante envers le plus ancien de vos amis.

« Mandez-moi si votre solitude et vos regrets ne vous ont pas fait changer de résolution ; si vous avez vu ma tante1, mon aimable tante dont le cl.a me domine encore tous les chagrins, enfin si vous restez à l'Abbaye.

1. La vicomtesse de Laval. ↩

« Soyez indulgente pour ce billet si insignifiant qui h'a de valeur que par son intention de vous prouver que dans mes ennuis, mes embarras de toute sorte, je songe à la plus ancienne de mes amies.

« Je désire être rappelé au souvenir de votre fidèle Ballanche, avec lequel j'ai toujours sympathisé. »