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L'Enchanteur 1768—1848

Livre V

Livre V (suite)

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 58 · chapitre 232 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

La femme de chambre de Mme Récamier, qu'une rechute vint peu de jours après mettre dans le plus pressant danger, était une Suissesse protestante, mariée à un Français catholique, dont tous les enfants étaient également catholiques. L'état désespéré dans lequel se trouvait cette jeune femme, à laquelle Mme Récamier était fort attachée, excita un vif intérêt dans la société étrangère et particulièrement dans la société française de passage à Rome.

Le duc de Rohan-Chabot, que dix ans auparavant Me Récamier avait connu à Rome chambellan de l'empereur, jeune, charmant et peut-être un peu frivole, devenu veuf par suite d'un horrible accident (sa femme, la princesse de Léon, avait péri brûlée), se trouvait de nouveau dans la capitale du monde chrétien, et il était prêtre. Il vint voir Me Récamier; il lui exprima une compassion sincère pour la pauvre malade, et-demanda à la voir. Elle avait toute sa connaissance, on lui transmit le désir de l'abbé de Rohan de causer avec elle; elle consentit à cet entretien avec empressement. Il lui parla longtemps, avec une charité vive ; la grâce la toucha sans doute: car elle voulut, après avoir entendu l'abbé-duc, abjurer entre ses mains et mourir, disait-elle, dans la religion de son mari et de ses enfants. Après son abjuration, elle se trouva mieux, et Dieu lui fit la grâce de guérir et de vivre catholique.

Cependant M. de Montmorency, dont l'amitié s'associait si parfaitement et dans les moindres détails à tout ce qui touchait de près ou de loin au repos de son amie, lui écrivait en apprenant les inquiétudes qui l'avaient troublée :