Livre VII · Livre VII (suite)
La reine Hortense → Mme Récamier, 10 mai 1829, Rome
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«Rome, ce 10 mai 1829.
« Chère Madame, je ne veux pas qu'un de vos amis1 quitte le lieu que j'habite, et où j'ai été heureuse de vous retrouver, sans vous porter une marque de mon souvenir ; je désire aussi que vous soyez auprès de lui l'interprète de mes sentiments. Les aimables procédés se montrent dans les plus petites choses et se sentent aussi par ceux qui en sont l'objet, sans pouvoir bien les exprimer ; mais la bienveillance qui a pu percer jusqu'à moi m'a laissé le regret de n'avoir pu connaître celui que j'ai su apprécier, et qui, sur une terre étrangère, me représentait si bien la patrie, du moins comme j'aimerais toujours à la voir, amie et protectrice. Je vais bientôt retourner dans mes montagnes, j'espère avoir là de vos nouvelles. Ne m'oubliez pas tout à fait; songez que je vous aime et que votre amitié a contribué à calmer une des plus vives douleurs de ma vie. Ce sont deux souvenirs inséparables : aussi ne doutez jamais des tendres sentiments dont il m'est doux de vous renouveler l'assurance.
1. M. de Chateaubriand, qui retournait en France. ↩
Hortense.