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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier La duchesse de Luynes → Mme Récamier, 3 juillet 1813, Lyon

Livre IL · Livre IL (suite)

La duchesse de Luynes → Mme Récamier, 3 juillet 1813, Lyon

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 227 · chapitre 56 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Lyon, ce 3 juillet 1813.

« S'il était possible que l'intérêt et l'amitié d'une personne aussi aimable que vous pussent consoler, ma belle, d'un malheur dont je suis menacée tous les jours , j'éprouverais cette consolation. Votre lettre du 25, qui m'est arrivée hier, m'a fait un vrai plaisir. Venons aux tristes détails de l'état de mon intéressante malade. Figurez-vous que cette figure, cet éclat, cette beauté est enveloppée du voile de la.... je ne puis écrire ce mot. Elle est enflée depuis les pieds jusqu'à la ceinture ; les mains jusqu'en haut du bras le sont de même ; elle avale encore , mais parfois avec difficulté ; elle souffre peu, elle a toute sa tête. Heureusement pour elle, elle a une insensibilité absolue pour tout ce qui l'entoure : son frère, qui est ici, est pour elle un objet d'indifférence; elle me supporte, mais pas plus. C'est une horrible maladie que celle qui brise des liens qui devraient presque vous survivre ; je suis au désespoir. J'ai toute la journée le spectacle le plus déchirant, je la vois s'affaiblir tous les jours; Martin tous les jours prononce l'arrêt le plus funeste. Voilà près d'un mois que le danger existe; le voyage de Grenoble l'a tuée. Ma fille m'est d'un grand allégement : je lui parle au moins, cela me soulage. Je ne sais plus quand je vous verrai, cette idée m'afflige.

« Adieu, ma belle, plaignez-moi et aimez-moi comme je vous aime. Je vous embrasse de tout mon cœur. »