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L'Enchanteur 1768—1848

Livre IL

Livre IL (suite)

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 204 · chapitre 52 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Dans une autre lettre, en parlant à Me Récamier du besoin de dévouement qui avait toujours rempli son âme, M. Ballanche lui disait :

« Vous étiez primitivement une Antigone, dont on a voulu, à toute force, faire une Armide. On y a mal réussi : nul ne peut mentir à sa propre nature. v

Me Récamier, en venant à Lyon, y avait été surtout attirée par l'espérance fortement enracinée dans son cœur de revoir Me de Staël. Non-seulement elle voulait la revoir, mais elle se flattait, en se rapprochant ainsi de la Suisse, de pouvoir combiner son départ avec celui de son amie. Ce projet que M. de Montmorency combattait vivement ne se réalisa point. Mme de Staël ne vint pas à Lyon où son fils Auguste fit seul une apparition. Le découragement et la tristesse de Mme Récamier s'accroissaient à mesure qu'elle voyait sa réunion à Me de Staël devenir impossible; elle exprimait ses anxiétés à M. de Montmorency dont la tendre compassion s'efforçait de ranimer son courage, et le bon Ballanche, devenu aussi le confident des douleurs de l'exil, s'attachait avec d'autant plus d'ardeur à celle à qui sa générosité n'avait valu que l'isolement.