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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier Chateaubriand → Mme Récamier, 3 avril 1821, Berlin

Livre IV · Livre IV (suite)

Chateaubriand → Mme Récamier, 3 avril 1821, Berlin

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 367 · chapitre 115 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Berlin, 3 avril 1821.

« Point de lettres de vous par le courrier d'hier. Je ne ferai pas comme vous ; je ne vous accuserai pas, mais je souffre.

« Je vous ai mandé par mes dernières lettres que j'espérais un congé pour le 20 d'avril; je l'attends ; s'il arrive, je vous verrai à la fin du mois. Cela me semble une espèce de rêve.

« Je n'entends plus parler de Mathieu ni de Jules1, mais je vais bientôt me retrouver avec eux, et tout s'éclaircira.

1. Le prince de Polignac. ↩

« Vos libéraux ont-ils été bien odieusement triomphants? ils se sont bien grossièrement trahis. Il est fâcheux après cela, pour eux, de voir ce qui se passe en Italie. Comment avaient-ils jamais compté sur T'héroïque Naples ? Pauvres gens ! Quelle misère aussi de notre côté . Quelle faiblesse . quelle pusillanimité - à l'apparence du péril! Il faut sortir de tout cela. . « Je pleure encore tous les jours la mort de mon pauvre ami. C'est le dernier talent littéraire que la France possédât. A présent il n'y a plus personne ; mais je suis sûr que l'on ne pense plus à Fontanes, et que j'ai l'air de radoter en vous en parlant. Quelle folie de ne pas vivre pour soi dans une vie si courte ! »