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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier Mme Murat → Mme Récamier, 11 mai 1825, Trieste

Livre VI · Livre VI (suite)

Mme Murat → Mme Récamier, 11 mai 1825, Trieste

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 177 · chapitre 289 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Trieste, 11 mai 1825.

« Vous voilà bien loin de moi, ma chère Juliette, et je me demande si le bonheur que j'ai eu de vous embrasser n'est point un songe. Il s'est envolé bien vite, et il ne me reste que l'inquiétude de vous savoir en voyage et souffrante. Je crains que mon amitié n'ait pas assez calculé vos forces et que, ne voulant rien perdre des minutes que vous pouviez me donner, je n'aie aggravé votre indisposition. Vous avez eu à souffrir aussi l'extrême chaleur et la pluie; depuis votre départ, le temps est changé. L'hiver est revenu et vous sentirez la rigueur des frimas, en approchant du Simplon. Donnez-moi de vos nouvelles, chère et aimable Juliette. Qu'elles soient rassurantes sur votre santé. Louise m'a dit combien votre jolie nièce avait souffert, cette dernière journée, de cette soirée qui lui a paru si longue, et à moi si courte. J'espère que cette souffrance n'a pas eu de suite ; dites-lui mes regrets et mon amitié. Ne m'oubliez pas non plus auprès de M. Ballanche. Adieu, ma chère Juliette, croyez à la constance de mon amitié. Je ne pourrai jamais oublier la preuve touchante que vous venez de me donner de la vôtre.

Caroline.