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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier Chateaubriand → Mme Récamier, 2 décembre 1828, Rome

Livre VII · Livre VII (suite)

Chateaubriand → Mme Récamier, 2 décembre 1828, Rome

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 272 · chapitre 355 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Rome, le mardi 2 décembre 1828.

« Voilà enfin M. de Ganay, il m'apporte trois lettres de vous ; l'une du 11, l'autre du 18, la troisième du 21 novembre. Je vous remercie mille fois. Soyez bien tranquille sur mes sentiments pour vous, rien ne peut les arracher de mon cœur, ils dureront autant que ma vie. Je ne vous parlerai plus de ma vieillesse ; je vous trouverai jeune à cent ans.

« Laissez dire les amis au sujet de Moïse. Bertin m'écrit aussi à ce sujet; ce qui l'inquiète, lui, c'est la médiocrité des acteurs. Ce qui anime Mme d'Ag., c'est une certaine antipathie des succès arrivés ou à craindre qui lui est naturelle. Laissons faire le temps. Il faut accomplir son sort ; il faut que Moïse soit joué. S'il tombe, peu m'importe ; s'il réussit en dépit de tous les obstacles, une couronne va bien, et l'on se range du côté du pouvoir. Fermez donc l'oreille à tous ces bruits, ou plutôt ne les écoutez pas. Ayez le même courage que moi.

« On m'écrit de Paris mille rabâchages de ministère; je ne veux plus entendre parler de tout cela; je ne veux plus rien que mourir auprès de vous à Rome ou à l'Infirmerie. Je ne prends donc à rien de ce qu'on me dit. Je n'ai qu'un moment pour mettre cette lettre à la poste avant le départ du courrier. Jeudi je reviendrai sur vos lettres. C'est aujourd'hui un simple accusé de réception. Je suis inébranlable sur Moïse : allez en avant, et n'écoutez rien .

« Quel désastre dans cette pauvre infirmerie ! A vous, à vous.

« Dites, je vous prie, à M. de Barante, que je lui répondrai (il m'écrit), et remerciez-le de son obligeante mention à l'Académie.

« Je reçois des dépêches de Morée. Peut-être expédierai-je cette nuit un courrier extraordinaire à Paris. Autre occasion de vous écrire et de recevoir . par le retour de ce courrier des lettres de vous. »