Livre VIII · Livre VIII (suite)
Chateaubriand → Mme Récamier, 10 août 1840
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« 10 août 1840.
« M. Ampère vous a écrit sur Mme Salvage. J'avais demandé un permis pour la voir, lorsque je la croyais arrêtée; je l'ai vue, elle est triste, mais elle est sans inquiétude. Nous voilà revenus à la paix : vous voyez que j'ai toujours raison. Ce temps est magnifique, vous jugez si j'en suis heureux pour vous ; si les eaux vous guérissent, j'aurai foi aux remèdes. J'aurais grand besoin d'une fontaine de Jouvence, mais le temps en est passé. Non que mes sentiments pour vous vieillissent jamais ; mais le temps me ravit chaque jour un œil, une oreille, une main ; si ce n'était votre belle et chère personne, je m'en voudrais d'avoir traînassé si longtemps sous le soleil. Ne précipitez pas votre retour, le plus fort est fait ; encore quelques jours de patience. J'espérais écrire un peu mieux ce matin, m'y étant pris de bonne heure; mais le matin se moque de moi comme le soir.
« On va juger le prince Louis ; il a été bien insensé, mais a montré bien du courage. Son entreprise a ôté à l'arrivée des cendres une partie de son danger. Venez, vous serez reçue, Dieu sait ! »